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Un avion qui a participé au débarquement de Normandie vole à nouveau

Raphaël Lavoie | Agence QMI 

Restauré dans la région de Montréal, un avion de type DC-3 ayant contribué au débarquement de Normandie a décollé jeudi soir, de l'aéroport de Saint-Hubert, à Longueuil, 75 ans après avoir pris part à la Deuxième Guerre mondiale et près de trois décennies après avoir effectué son dernier vol.

«C’est beaucoup d’émotions», a laissé tomber d’emblée Benoît de Mulder, ancien propriétaire de l’avion, qui a également participé à sa restauration.

En entrevue avec Mario Dumont à QUB radio, le président de l’organisme Avialogs a raconté avoir fait l’acquisition de l’appareil il y a deux ans, alors que celui-ci était abandonné à l’aéroport de Saint-Hubert depuis près de trois décennies.

Après un premier effort de remise en état de marche qui n’a pas fonctionné, le passionné d’aviation n’a pas baissé les bras et a décidé de vendre le DC-3 au dirigeant de Buffalo Airways, Mikey McBryan.

L’entreprise aérienne opérant plusieurs avions du même type, la transaction a permis de mettre la restauration de l’appareil sur la voie rapide.

De ce fait, après six semaines, grâce au soutien de l’École nationale d’aérotechnique de Saint-Hubert, l’avion était de nouveau pilotable.

«On a commencé les travaux au mois d’avril. Là, on s’est rendu compte qu’il était dans un état incroyable, qu’il y avait des dommages et beaucoup de choses à changer. On n’a pas fait vraiment une restauration, j’appellerais ça une résurrection! On a changé les morceaux qui n’allaient pas plutôt que d’essayer de réparer ce qui était brisé», a raconté M. de Mulder.

«On a des professeurs qui se sont impliqués, qui sont allés dans les archives de Transport Canada pour retrouver une partie des plans, les plans électriques, pour reconstituer ça. C'est vraiment un travail acharné de reconstruction qui a été fait», a expliqué Pascal Désilet, directeur de l'école nationale d'aérotechnique.

Un appareil fort utile pendant la Deuxième Guerre mondiale

Par ailleurs, il est important de souligner que le DC-3 qui décollera jeudi soir, 75 ans après sa première mission officielle en Normandie, s’est avéré d’une grande utilité pour les forces alliées durant la Deuxième Guerre mondiale.

Construit en janvier 1944, l’appareil a d’abord été envoyé à Montréal avant d’être cédé à la Royal Air Force.

Ayant décollé de Grande-Bretagne tout juste avant minuit le 5 juin de la même année, il a commencé sa «carrière» en larguant des parachutistes alliés en Normandie, chargés d’attaquer et de détruire des ponts.

«Il s'agissait de jeunes de 19, 20, 23 ans qui étaient là-bas, qui avaient probablement pris l’avion trois-quatre fois pour faire des sauts auparavant en parachute et qui se retrouvaient avec 50 kilos d’équipement sur le dos. Ils devaient, en plein milieu de la nuit, sauter dans le noir à partir seulement de 1000 pieds et ils ne savaient pas ce qui allait les attendre en bas», a soutenu l’intervenant.

Après ses actions lors du débarquement, le DC-3 a ensuite été utilisé, entre autres, pour l’évacuation de blessés.

«C’est un avion qui a sauvé du monde pendant la guerre, qui a ramené des blessés, des prisonniers de guerre et qui, parfois, transportait du sang pour les transfusions aussi vers le front. Il a eu un rôle très, très utile», a commenté M. de Mulder.

Une fois la Deuxième Guerre mondiale terminée, l’appareil a été piloté encore pendant plusieurs années, d’abord par Trans-Canada Airlines, puis par Transport Canada.

Avant jeudi soir, l’avion avait effectué son dernier vol en 1991.