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L’avocat vante son client accusé d’agression sexuelle

Claudia Berthiaume | Journal de Montréal

La conseillère Marjorie Bourbeau (à gauche), l’ex-député Yves St-Denis et la candidate libérale Naomie Goyette lors du souper ayant précédé l’agression présumée.

Photo tirée de la page Facebook de Naomie Goyette

La conseillère Marjorie Bourbeau (à gauche), l’ex-député Yves St-Denis et la candidate libérale Naomie Goyette lors du souper ayant précédé l’agression présumée.

Il est impossible que l’ex-député libéral Yves St-Denis ait agressé sexuellement une conseillère municipale des Laurentides, a plaidé son avocat, car il est « un homme de confiance, courtois, respectueux et dévoué ».

« C’est une personne à qui l’on peut se fier pour se lancer en politique et à qui on peut se confier », a fait valoir vendredi Me François Legault (ne pas confondre avec le premier ministre) au palais de justice de Saint-Jérôme.

L’avocat, qui défend l’ex-politicien avec Me Stephen Angers, ne tarissait pas d’éloges à l’endroit de son client, qu’il a qualifié de « gentilhomme » lors de sa plaidoirie finale.

Yves St-Denis est accusé d’agression sexuelle envers l’ancienne conseillère municipale de Saint-Adolphe-d’Howard, Marjorie Bourbeau.

Soirée arrosée

L’ex-député du comté d’Argenteuil a rencontré la femme de 40 ans dans le cadre de ses fonctions politiques.

Les faits rapportés seraient survenus le 26 mai 2017, au terme d’une soirée arrosée.

Mme Bourbeau a été conviée à un 5 à 7 chez la candidate libérale Naomie Goyette, auquel assistait l’accusé de 55 ans et une autre militante libérale.

Le groupe a bu du mousseux apporté par St-Denis et s’est rendu dans un restaurant.

Mme Bourbeau, M. St-Denis et Mme Goyette ont ensuite décidé de poursuivre la soirée chez cette dernière en faisant du karaoké.

Au petit matin, le politicien aurait demandé à la victime présumée s’il pouvait aller dormir chez elle, selon ce que la dame a relaté à la cour, le mois dernier.

Celui qui réside à Terrebonne aurait même dit à Mme Bourbeau qu’il aimerait dormir collé avec elle. La plaignante lui aurait plutôt offert son divan ou sa chambre d’amis.

St-Denis l’aurait toutefois rejointe dans sa chambre et l’aurait embrassée de force, partout dans le visage et le cou.

C’est sa faute

Témoignant pour sa défense, l’accusé a plutôt prétendu au procès que c’est Marjorie Bourbeau qui l’aurait invité chez elle.

Le député qui a perdu son siège aux dernières élections a dit avoir accepté l’invitation pour se reposer un peu avant de rentrer chez lui.

« S’il était fatigué, pourquoi ne pas avoir dormi sur le sofa de Mme Goyette alors ? Rappelez-vous qu’il a dit : “Je pensais qu’elle était peut-être intéressée”. Petit lapsus... », a insisté vendredi Me Claudia Carbonneau, de la Couronne.

St-Denis a nié les baisers, prétextant qu’il aurait rapidement quitté l’endroit de son plein gré en raison de « l’état de délabrement de la maison ».

« On ne peut pas dire : “monsieur n’a jamais fait de geste déplacé, donc il n’a pas fait ça.” Il n’y en a pas de profil, tout le monde peut être un agresseur », a souligné la procureure, qualifiant la version de l’accusé d’invraisemblable.

La juge Michèle Toupin tranchera en août.

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