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Un édifice centenaire brûle dans le Vieux-Québec

Dominique Lelièvre | Le Journal de Québec

Un incendie majeur a causé de lourds dommages à un immeuble centenaire au coeur du Vieux-Québec et au local d’un commerçant qui venait de s’y établir il y a à peine un mois, vendredi.

Le feu a éclaté vers 11 h 30 dans des hangars situés derrière le bâtiment de trois étages situé au 1159, rue Saint-Jean. Des flammes étaient visibles dans la cour arrière tandis qu’une colonne de fumée noire se dissipait dans le ciel de Québec.

L’incendie a ensuite rongé les tambours à l’arrière de l’immeuble, sa toiture et une partie des étages supérieurs, qui étaient heureusement vacants. Rapidement, les pompiers de Québec ont déclenché une cinquième alarme.

Le rez-de-chaussée occupé par Forever Flawless, une boutique de produits cosmétiques, a vraisemblablement subi d’importants dégâts aussi, surtout par l’eau et la fumée.

«Décourageant»

«C’est décourageant. On vit de l’incertitude face aux assurances. C’est malheureux pour le locataire en bas qui venait juste d’ouvrir il y a un mois à peine. On se sent tristes, mais c’est juste du matériel. C’est ce qui est le plus important», a affirmé Daniel Villeneuve, copropriétaire depuis moins d’un an.

Avec deux autres associés, il a acquis l’immeuble en août 2017. Selon lui, l’essentiel du bâtiment a été construit au début du 20e siècle. Il est trop tôt pour chiffrer la valeur des dommages, mais «ça va coûter cher», estime M. Villeneuve.

Selon le rôle d’évaluation de la ville, l'immeuble vaut environ 2 millions $.

Samuel Elimeleh, gérant de la boutique sinistrée, faisait des achats dans un autre commerce de la rue Saint-Jean quand un employé lui a téléphoné. «Je suis venu et toute la bâtisse était en feu», dit-il.

«Il y a eu de gros investissements. Espérons que ça va s’arranger», a-t-il laissé tomber.

Le président-directeur général de la Maison Simons, Peter Simons, qui se trouvait à la succursale du détaillant sur la rue Saint-Jean, a avoué avoir «une petite pensée pour le commerçant.»

L’histoire du premier magasin de la chaîne, fondé en 1840, est elle-même marquée par un grave incendie en 1870. «Ce n’est pas un cadeau. J’espère qu’il était assuré», a ajouté M. Simons.

Pompier blessé

Plus de 80 pompiers ont combattu l’élément destructeur. L’un d’eux a subi des blessures mineures et a dû déclarer le code «mayday» après avoir chuté d’un étage. Aucune autre personne n’a été blessée.

Vers 14 h, le gros des flammes avait été rabattu, mais des foyers d’incendie continuaient d’occuper les soldats du feu, notamment dans la toiture. L'aggravation non probable a finalement été décrétée peu avant 16 h 30, après une lutte de cinq heures.

L’événement a nécessité l’évacuation d’une centaine de clients qui dînaient au restaurant McDonald’s, voisin du bâtiment incendié, ainsi que d’une garderie et de l’édifice situé au 10, rue Pierre-Olivier-Chauveau, où loge le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation. Celui-ci n’aurait pas été endommagé.

La vétusté de l’immeuble sinistré, la proximité avec d’autres bâtiments et les hangars qui menaçaient de s’effondrer ont compliqué la tâche des pompiers. Un large périmètre de sécurité a été érigé tandis que plusieurs badauds et touristes observaient le travail des pompiers.

«Toute la première partie de l’immeuble, sa façade, c’est du béton, mais en arrière, ça date des années 1894. C’était une ancienne écurie et tout était fait de bois», souligne Daniel Villeneuve.

La cause du brasier n’a pas été établie. Le commissariat aux incendies a été chargé de l’enquête.