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Lance Stroll retrouve le sourire

Tommy Thurber | Agence QMI

 - Agence QMI

Lance Stroll l’a échappé bel. Lorsque Daniel Ricciardo l’a félicité au terme de la course, il a bien failli lancer une blague épicée dimanche après la course. Mais il s’est retenu. «Laisse tomber. Il y a trop de microphones ici», s’est-il exclamé avant d’éclater de rire.

Le Québécois avait bien raison d’être heureux. Il a conclu une fin de semaine en montagnes russes de la meilleure des façons en récoltant les deux points de la neuvième place. Un résultat presque inespéré en vertu de sa 17e position sur la grille de départ.

«La voiture était bien meilleure aujourd’hui. Je suis vraiment heureux du résultat. [J’ai réussi] de bons dépassements et un bon résultat. Je me suis remémoré des souvenirs de 2017. C’était un peu la même histoire. Beaucoup de dépassements à la maison, donc le plaisir est encore plus grand.»

Oublier

Après une excellente journée de travail et un rythme prometteur avec l’évolution du bloc motopropulseur de Mercedes vendredi, les espoirs de Stroll ont toutefois subi un dur coup samedi lorsqu’un bris de moteur lui a compliqué la tâche en qualifications.

Devant utiliser l’ancien moteur pour le reste de la fin de semaine, Stroll n’était guère optimiste avant la course puisqu’il s’attendait à souffrir de cette situation. Son rythme très constant lors de son premier relais a donc été une belle surprise pour lui.

«Très surpris [du rythme]!» a-t-il lancé, riant une fois de plus de bon cœur. [Le moteur] est peut-être un porte-bonheur même s’il est plus lent!» s’est-il demandé.

Stroll a également été le gagnant chez Racing Point du point de vue stratégique. Avec les deux voitures en fond de grille, les stratèges ont pris la décision d’installer des gommes médiums sur une monoplace et des dures sur l’autre pour le départ.

Optant pour le spectre le plus dur, Stroll a prolongé son relais initial et a pu profiter d’une piste libre pour creuser l’écart avec ses rivaux directs. Passé par les deux voitures de Renault après qu’elles aient chaussé des pneus neufs, le favori local n’a par ailleurs jamais été largué par les bolides jaunes.

«Nous avons dû garder les pneus durs longtemps en course, c’était la clé de notre stratégie aujourd’hui. C’était un peu un pari. On ne savait pas exactement quel pneu serait le meilleur pour le début de la course et pour moi, c’était finalement le meilleur choix.»

«On avait un bon rythme sur les durs. J’avais une bonne relation avec les pneus aujourd’hui! On a pu suivre les Renault même si nos pneus étaient plus vieux. Ça montre que notre voiture était forte en course.»

Devant ses partisans

Mais Stroll n’a pas fait que profiter de la stratégie. Il a également réussi quelques dépassements en piste dont il était très fier. Il a notamment surpris son coéquipier à l’épingle.

«C’est un très bon départ. J’ai gagné quelques positions. Ensuite j’ai fait de bons dépassements sur [Antonio] Giovinazzi et sur Perez à l’épingle. J’ai plongé de loin et ça m’a fait du bien de réussir ce dépassement devant les partisans canadiens de ma tribune!»

«Et ensuite, avec [Carlos Sainz fils] à la fin, c’était vraiment limite pour la neuvième place. Je savais que [Daniil] Kvyat s’en venait derrière moi, alors j’avais besoin de réussir la manœuvre. Je l’ai bien fait, alors ça me donne encore plus de satisfaction!»

L’athlète de 20 ans a également gardé derrière lui pendant un long moment le pilote français Pierre Gasly, pourtant au volant d’une voiture Red Bull.

«Ce n’était pas idéal pour lui. Il avait des pneus frais. J’ai un peu gâché sa course», a concédé Stroll.

Voir grand

Stroll peut donc souffler un peu. Il a réussi un résultat très encourageant autant pour lui que son équipe. Il peut ainsi mettre derrière lui son abandon en Espagne et sa 16e place à Monaco.

Visiblement aux anges après cette neuvième place, il a été questionné sur le genre d’émotions qu’il pourrait ressentir s’il remportait sa course nationale.

«Nous allons le découvrir un jour!» a-t-il répondu avec un large sourire.

Un Sainz languissant

Déjà assuré d’une 10e place à quelques tours de la fin, Lance Stroll a réussi à doubler sa récolte de points avec une manœuvre bien ficelée aux dépens de Carlos Sainz fils au bout de la ligne droite.

Profitant de pneus plus frais, le Québécois a également profité d’une bonne vitesse de pointe. En effet, à 336,7 km/h, il a été le pilote le plus rapide de la course.

Après la course, Sainz s’est toutefois présenté comme une proie facile. En raison de problèmes de freins, l’Espagnol s’est arrêté dès la sixième boucle. Il a donc fait 64 tours avec les pneus durs.

«Les pneus étaient détruits à la fin. Il ne restait plus rien à l’arrière», a dit Sainz, déçu.

«C’est difficile, puisqu’il faut pousser pour dépasser des voitures, mais en même temps, il faut se rendre jusqu’à la fin. Et la température des freins demeurait élevée, alors je devais lever le pied souvent.»

Également passé par Daniil Kvyat, Sainz a terminé la course 11e, à la porte des points.

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