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Explosion des frais de déplacement à la STQ

Jean-Michel Genois Gagnon | Journal de Québec

ARCHIVES/JOURNAL DE QUÉBEC

Les nombreux bris des derniers mois sur les navires de la Société des traversiers du Québec (STQ) ont fait exploser de 46 % la facture des frais de déplacement des employés et de la haute direction, a constaté Le Journal de Québec.

Selon des documents publics, entre avril 2018 et mars 2019, la STQ a déboursé 1,25 million $ en frais de déplacement, dont 11 909 $ pour le président-directeur général. L’année précédente, la facture s’élevait à 858 000 $, et en 2016-2017, à 832 000 $.

«C’est vraiment une année exceptionnelle», concède le porte-parole, Alexandre Lavoie. «Beaucoup de ces frais sont liés aux projets spéciaux que nous avons eu à gérer durant cette période. Évidemment, il y a plusieurs frais qui sont en lien avec la situation à Matane avec le NM F.-A. Gauthier», poursuit-il.

Plusieurs crises

Au cours des derniers mois, à plusieurs reprises, des responsables de la STQ ont été mobilisés pour gérer des situations de crise.

Pour se rafraîchir la mémoire, il y a eu la saga du NM F.-A. Gauthier, un navire construit pour 175 millions $ en Italie qui est hors service depuis le 17 décembre, et, entre autres, les collisions avec des quais du NM Apollo qui assurait en relève la desserte Matane–Baie-Comeau–Godbout.

M. Lavoie ajoute qu’on retrouve également à travers ces dépenses les démarches pour réaliser l’acquisition du NM Saaremaa. Ce dernier, qui assurera la liaison entre Matane et la Côte-Nord, est arrivé à Québec en mai.

«Il y a des gens qui se sont déplacés en Allemagne pour réaliser les inspections du bateau. Il y a beaucoup d’événements qui ne se reproduiront plus qui ont fait grimper les frais au cours des derniers mois», explique le porte-parole.

La note grimpe

Entre octobre et décembre derniers, la facture pour les frais de déplacement de l’ancien président-directeur général par intérim de la STQ, François Bertrand, s’est élevée à 4110,15 $.

Précisons qu’aujourd’hui, ce poste est occupé par Stéphane Lafaut.

Dans les documents publics, on peut lire que les 17 et 18 décembre derniers, un séjour à Sept-Îles dans le cadre d’une conférence de presse avec le ministre des Transports, François Bonnardel, au sujet de mesures pour faciliter la mobilité des résidents de la Basse-Côte-Nord et de l’île d’Anticosti, a coûté 1319,30 $ pour l’ancien PDG.

Quant aux employés de la STQ, les frais de déplacement entre le 1er janvier et le 31 mars 2019 ont atteint environ 401 421,60 $. Il s’agit du plus important montant depuis au moins quatre ans, les données n’étant pas disponibles pour les années précédentes.

— Avec la collaboration d’Arnaud Koenig-Soutière

Les déboires de la traverse Matane-Godbout

17 décembre

Le NM F.-A. Gauthier est mis hors service pour une durée indéterminée. Une liaison aérienne est établie d’urgence et doit durer jusqu’au 7 juillet. Le CTMA Vacancier vient brièvement assurer la relève en janvier avant de rentrer aux Îles-de-la-Madeleine.

31 janvier

Le ministre des Transports, François Bonnardel (photo), limoge le PDG par intérim de la STQ, François Bertrand, alléguant un « bris de confiance ».

11 février

La STQ met en service le NM Apollo après l’avoir acquis sans inspection préalable. Un mois plus tard, après avoir percuté le quai de Gobout puis celui de Matane, le traversier est retiré des eaux.

► Coût total : 3,5 M$

27 mars

La future nouvelle acquisition de la STQ, le NM Saaremaa, est impliquée dans une collision dans les eaux allemandes. Il arrive à Québec en mai où il doit subir d’importants travaux jusqu’à la mi-juillet.

► Coût total : 44 à 45 M$

1er juin

Le NM F.-A. Savard, qui lie normalement Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine, prend tant bien que mal le flambeau, puisque les traversées sont annulées dès que les vagues dépassent 1,5 m.

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