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Des visiteurs ont été attaqués par des animaux au Zoo de Saint-Édouard

Charel Traversy - TVA Nouvelles

Trois semaines après la perquisition au Zoo de Saint-Édouard, un document déposé par la Couronne relate des faits troublants sur le traitement des animaux.

Les mois d’enquête de la SCPA de Montréal sont décrits dans l’acte de dénonciation qui a mené au mandat de perquisition le 21 mai dernier. Les éléments de preuve cumulés sont détaillés dans le document de plus de cinquante pages.

«J’ai visité et travaillé avec de petits zoos familiaux ayant très peu de moyens. Mais en 15 ans, je n’ai jamais vu quoi que ce soit qui même s’approcherait des conditions que j’ai pu voir lors de cette perquisition au Zoo de Saint-Édouard», conclut Dre Marion Desmarchelier, vétérinaire mandatée par la SPCA.

La vétérinaire était présente lors de la première perquisition au zoo. Elle note dans son rapport du 25 octobre 2018 : «qu’un grand nombre des quelque 150 animaux présents sur les lieux sont menacés à très court terme de mourir de soif ou de froid, contraints de manger des aliments impropres à leur consommation, hautement contaminés souvent par leurs propres excréments, congelés, voire parfois toxiques, pour eux».

Des animaux abattus

Normand Trahan aurait avoué, lors de son interrogatoire avec les enquêteurs de la SPCA, vendre ou cacher au public les animaux souffrant de problèmes apparents pour que cessent les plaintes. Il aurait tué un faisan doré en lui mettant un genou sur l’abdomen afin qu’il étouffe et abattu par arme à feu une lionne et un tigre qu’il disait mal en point.

Le tigre serait mort dans des douleurs extrêmes selon la vétérinaire en charge de la nécropsie. Elle affirme que la bête «n’est pas morte sur le coup, car la balle a traversé la trachée». L’agonie de l’animal aurait duré plusieurs minutes.

Dix signalements ont été traités par le Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, entre 2012 et 2017, pour des cas d'insalubrité et de mauvaises conditions de garde des animaux.

Des visiteurs attaqués

Des visiteurs auraient aussi été attaqués par les bêtes, dont deux jeunes enfants.

Un bambin de 17 mois aurait été griffé par un macaque, trois visiteurs auraient subi des morsures par un zèbre et un lionceau aurait mordu l’oreille d’un enfant. Suite à cet incident, les agents de la faune auraient invité Normand Trahan à ne plus mettre en contact le lionceau avec les visiteurs.

En 2014, le Zoo de Falardeau, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, avait également reçu une consigne similaire du ministère à la suite d’une plainte.

Deux entrepreneurs désormais témoins de la SPCA

Les deux jeunes entrepreneurs qui tentaient d’acheter le Zoo de Saint-Édouard l’an dernier ont été rencontrés par la SCPA de Montréal. Le 23 août 2018, par l’entremise de son avocat Me Daniel Goldwater, Alessandra Magini aurait transmis à la SPCA ses inquiétudes face au bien-être des animaux du zoo.

En décembre dernier, Alessandra Magini et Philip Ethier ont fourni une déclaration à titre de témoins dans le dossier. Selon eux, Normand Trahan aurait refusé de soigner un kangourou mentionnant qu’il préférait attendre qu’il meure.

Le propriétaire du zoo garderait dans un livre en cuir noir, la liste des animaux abattus pour leur viande, ceux abattus pour la taxidermie, de même que les animaux tués pour être vendus comme trophée de chasse.

Les requêtes entendues demain?

Normand Trahan avait par ailleurs un délai de deux ans pour rendre ses enclos conformes au nouveau règlement du Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs sur les animaux gardés en captivité.

Jusqu’à présent, plus de 70 animaux auraient été transférés par la SPCA de Montréal. Plus d’une centaine de bêtes se trouvent toujours sur le site pris en charge par l’organisme.

On saura mercredi si les requêtes concernant la restitution des biens de Normand Trahan seront entendues.

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