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Elle aurait essayé de tuer son bébé de 2 mois en le pendant

Michael Nguyen

 - Journal de Montreal

tiny feet of a newborn baby in focus during the diaper changes

Adobe Stock

Une Montréalaise accusée d’avoir tenté de tuer son enfant de 2 mois en le pendant avec une ceinture a réussi à obtenir sa liberté sous caution, à condition entre autres d’être suivie en psychiatrie.

«C’est une jeune mère impliquée dans une relation conjugale houleuse, imprégnée de violence. Elle semble avoir été en état de crise», a récemment commenté la juge Mélanie Hébert afin d’expliquer la libération de l’accusée de 23 ans.

Plus tôt, la Couronne avait qualifié «d’odieux» le crime qui serait survenu le 26 avril dernier, à la suite d’une dispute entre l’accusée et son conjoint. C’est à ce moment que la femme, qui ne peut pas être nommée afin de protéger l’identité du bambin, s’en serait prise au petit.

«Elle aurait ensuite retiré la ceinture de sa robe de chambre pour la passer autour du cou de l’enfant et de le suspendre dans le vide, a expliqué le procureur de la Couronne Bruno Ménard. Le bébé aurait eu une couleur bleutée.»

Cris et pleurs

Plutôt que d’appeler la police, le père a plutôt enregistré l’audio de la scène, pour ensuite appeler sa belle-mère afin qu’elle vienne prendre soin du petit.

Dans la bande sonore jouée à la cour, on y entend un bébé crier, ainsi que la mère dire avoir besoin d’aide.

«L’écoute ne peut que glacer le sang», a commenté la juge.

Questionnée par les policiers, la mère a admis qu’elle avait passé la ceinture autour de son bébé, mais qu’elle n’a jamais serré et qu’elle n’a «jamais voulu lui faire de mal».

Ce n’est que quelques jours plus tard que le père en aurait parlé aux policiers, alors qu’il avait été arrêté pour violence conjugale. Peu avant – mais après les événements –, la mère avait d’ailleurs retiré une autre plainte de violence contre son conjoint.

«Est-ce normal qu’un père voie sa conjointe prendre son enfant et laisser la situation perdurer?» a demandé à la juge l’avocat Charles Benmouyal en remettant en doute que la mère ait vraiment tenté de pendre son enfant et en contestant la crédibilité du père.

Éléments sérieux

Après avoir entendu les arguments des parties, la juge a finalement statué que si la preuve de la Couronne «paraît fondée», les éléments soulevés par la défense sont également sérieux.

C’est pour cela qu’elle a finalement accepté de remettre la mère en liberté sous caution, à condition entre autres qu’elle se présente à un institut psychiatrique et qu’elle ne contacte pas ses enfants, sauf avec l’autorisation de la Direction de la protection de la jeunesse.

La mère reviendra à la cour dans les prochaines semaines, pour la suite des procédures.