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L'un des grands mystères de l'Antarctique résolu grâce à des phoques

TVA Nouvelles d'après CNN

Leopard seal on beach with snow in Antarctica

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Les scientifiques ont maintenant une meilleure compréhension d’un rare phénomène naturel dans l’Antarctique grâce à des phoques munis d’antennes.

En 2016 et 2017, des trous – appelés polynies – se sont formés à l’intérieur de larges banquises de la mer de Weddell, dans l’Antarctique.

Une polynie est une zone qui reste libre de glace ou couverte d'une couche de glace très mince au milieu de la banquise. Les trous observés dans les dernières années ont pris des dimensions impressionnantes pour atteindre jusqu’à 49 000 km carrés, soit un peu plus de deux fois la superficie de l’État du Vermont.

Si les polynies ne sont pas des anomalies, des trous de cette importance et de cette fréquence ont incité les scientifiques à se pencher plus sérieusement sur leur origine.

Des chercheurs de l’Université de Washington ont ainsi exploré le trou à l’aide de robots, d’équipements radio et de... phoques munis d’antennes.

«Nos observations démontrent que les récentes polynies ont été causées par une combinaison de facteurs – l’un d’eux étant les conditions inhabituelles de l’océan. Nous avons aussi remarqué une série d’orages très intenses au-dessus de la mer de Weddell avec des vents semblables à ceux d’ouragans», écrit l’auteur principal de la recherche, Ethan Campbell, dans la revue Nature.

L’équipe a découvert que pour qu’une polynie se forme, plusieurs facteurs doivent survenir au même moment. Ainsi, à l’endroit où l’un de ces trous géants s’est formé, les chercheurs ont noté la présence d’une montagne submergée. Lorsque des vents puissants balaient le secteur, cela crée un tourbillon d’eau marine, propulsant l’eau saline des bas fonds vers le haut. Une fois que cette eau est refroidie, elle retombe vers le bas, mais la glace ne peut plus se reformer à la surface.

Pour ce qui est de l’équipe de phoques assemblée pour ce projet, ils ont permis aux chercheurs d’accumuler de précieuses données grâce aux antennes installées de façon sécuritaire sur leur tête. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que des scientifiques se tournent vers cet animal marin pour mieux comprendre leur environnement naturel. Par le passé, des phoques ont permis d'accumuler des informations sur la salinité de l’océan ou encore la température des eaux.