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Plus de meurtres et de tentatives d’homicide à Montréal en 2018

Elsa Iskander | Agence QMI

Le nombre de crimes violents comme les meurtres et les tentatives de meurtre a bondi dans la métropole en 2018.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a recensé 32 meurtres et 106 tentatives d’homicide, soit 8 meurtres de plus qu’en 2017 et 17 tentatives supplémentaires.

Il n’y a pas lieu de s’alarmer de cette hausse de 33 % des meurtres, selon le service de police. «Sensiblement, c’est quand même sous contrôle», a déclaré le chef Sylvain Caron.

Le nombre de meurtres est dans «le même ordre de grandeur» les années précédentes, a indiqué M. Caron. Ils sont reliés au crime organisé, aux groupes criminalisés, à des vols de drogue ou des conflits intrafamiliaux, a énuméré le chef de police.

Entre 2008 et 2018, le nombre d’homicides à Montréal a oscillé à entre environ une vingtaine et près d’une quarantaine. Le pic s’est situé à 37 meurtres en 2010. Au plus bas, il y en a eu 23 en 2016.

Des représentants du SPVM ont présenté le rapport annuel 2018 à l’hôtel de ville mardi matin. «Il y a une fluctuation annuelle du taux d’homicide. C’est beaucoup lié au crime organisé et aux groupes criminels, a commenté Alex Norris, président de la Commission de la sécurité publique. Mais oui, il y a une hausse substantielle dans le nombre de meurtres l’an dernier.»

Selon la criminologue Maria Mourani, «il n’y a pas lieu de s’inquiéter». Pour les homicides «il n’y a pas de grosse variation par rapport aux cinq dernières années». Certes, «un homicide, c’est un homicide de trop, mais lorsqu’on compare avec d’autres provinces ou villes au Canada, c’est sûr que Montréal est beaucoup plus sécuritaire», a-t-elle souligné.

«La plupart du temps ces homicides, lorsqu’ils ont une augmentation majeure, c’est lié à des instabilités dans le crime organisé, dans le milieu criminel; ce qui n’est pas tout à fait le cas pour 2018», a ajouté Mme Mourani.

Agressions sexuelles

Le SPVM recensait 1879 agressions sexuelles en 2018, contre 1110 agressions cinq ans plus tôt, ce qui correspond à une hausse de 70 %. Ceci s’explique par plus de dénonciations, selon Maria Mourani et Jenny Charest, directrice générale du Centre d’aide aux victimes d’actes criminels de Montréal.

«Je pense que le mouvement #MoiAussi a suscité chez la population générale un éveil sur ce qu’est une agression sexuelle et les personnes ont moins peur de porter plainte ou de dénoncer parce qu’elles ont le sentiment d’avoir plus de chances d’être crues», avance Mme Charest.

Ces chiffres ne seraient que la pointe de l’iceberg. «C’est connu que la criminalité déclarée n’est jamais le reflet de la criminalité réelle, il y a beaucoup plus d’agressions sexuelles que d’agressions sexuelles rapportées», rappelle Mme Mourani.

2018 – 2017 – variation entre 2017 et 2018 en %

Homicides : 32 ; 24 ; 33,3 %

Tentatives d’homicides : 106 ; 89 ; 19,1 %

Agressions sexuelles : 1879 ; 1828 ; 2,8 %