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Hausse exponentielle de l’utilisation des Tasers au SPVM

Elsa Iskander | Agence QMI

Courtoisie

Les policiers de Montréal sortent leurs pistolets électriques de plus en plus souvent, même si dans la majorité des cas ils ne tirent pas sur la gâchette.

Les armes à impulsion électrique ont été utilisées 383 fois en 2018, contre 236 fois en 2017. À titre de comparaison, en 2014, les policiers y avaient eu recours à 61 reprises, soit six fois moins qu’en 2018. En 2013, c’était plus de 10 fois moins.

La plupart du temps, les policiers vont sortir le pistolet électrique seulement pour inciter l’individu à se conformer aux consignes, sans qu’il n’y ait de décharge subséquente. Cette utilisation dite en mode «démonstration» a été faite dans 85 % des cas en 2018. Au contraire, la gâchette a été appuyée 47 fois, incluant une fois lorsque le Taser était directement en contact avec la peau.

«Il y a une augmentation significative de l’utilisation du Taser», a constaté Alex Norris, président de la Commission de la sécurité publique, à la suite de la présentation du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Si certains «trouvent que c’est un bon moyen d’éviter d’utiliser les armes à feu, d’autres croient que ça comporte des risques [...] Alors c’est une réflexion qu’on entame dans l’administration concernant cette question», a dit l’élu de Projet Montréal.

Abdelhaq Sari, vice-président de la Commission de la sécurité publique, s’est aussi inquiété mardi de l’utilisation croissante des Tasers.

La plus grande utilisation des Tasers est rassurante aux yeux du chef du SPVM, Sylvain Caron. «Si le verbal ne fonctionne pas et les autres méthodes ne fonctionnent pas, on souhaite que nos gens utilisent l’arme à impulsion électrique plutôt que d’utiliser l’arme à feu.»

Pour sa part, la Ligue des droits et libertés du Québec recommande au contraire d’interdire l’utilisation de cette «arme dangereuse» par les policiers.