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Tramway de Québec: le bras droit de Labeaume attaque la crédibilité du PDG de Revenu Québec

Marc-André Gagnon | Journal de Québec

PHOTO COURTOISIE VILLE DE QUÉBEC

Le bras droit du maire Labeaume, Rémy Normand, invite le gouvernement caquiste à allonger de 120 à 125 M$ de plus s'il tient à prolonger le tracé du tramway jusqu'à l'édifice Marly.

De passage en commission parlementaire dans le cadre des consultations sur le projet de loi 26 concernant le réseau structurant, M. Normand s'est fait questionner deux fois plutôt qu'une sur la demande formulée par Revenu Québec.

Rappelons que le PDG de l'agence gouvernementale, Carl Gauthier, est déçu qu'il ne soit pas prévu que le tramway se rende jusqu’à l’édifice de Revenu Québec, à la Pointe-de-Sainte-Foy. Il a même sollicité l'avis de ses 3000 employés à ce sujet.

La Ville déjà «fixée» sur le tracé

Interrogé par le ministre des Transports, François Bonnardel, puis relancé par son collègue et député de Montmorency, Jean-François Simard, M. Normand a d'abord répété que la Ville est déjà assez «fixée» quant au tracé.

«C'est quand même pas mal de monde, 3000 personnes», a insisté M. Simard.

M. Normand, qui est aussi président du Réseau de transport de la Capitale (RTC), a fini par laisser entendre qu'il serait ouvert à regarder la demande faite par Revenu Québec, «si le gouvernement a 120 à 125 M$ à mettre».

Il s'en est ensuite pris au président-directeur général de Revenu Québec, en révélant que l'agence a mis fin, en début d'année, à sa participation à l'Abonne bus, un programme du RTC qui permet de prélever le coût du laissez-passer sur la paie.

«J'ai de la misère à donner beaucoup de crédibilité à cette personne-là», a dit M. Normand en visant le PDG de Revenu Québec.

Gosselin outré

Le chef de l’opposition officielle à la Ville de Québec, Jean-François Gosselin, qui à défaut d’avoir pu comparaitre en commission parlementaire, a assisté aux échanges, a reproché à M. Normand d’avoir versé «dans la condescendance».

«Comme Régis Labeaume! Même style... On n’est pas d’accord, on descend la personne, on l’attaque personnellement», a pesté le chef de Québec 21.

«C’était très bas ce que M. Normand a fait. À un client potentiel du RTC en plus, a-t-il souligné. On parle de plus de 3000, presque 4000 employés à Revenu Québec, des gens qu’on veut qu’ils embarquent dans le transport en commun, il les traite de cette façon-là, ce matin? Au parlement? C’est incroyable!»

Devant les journalistes, «j’ai essentiellement rapporté des faits, sans plus», s’est plus tard défendu M. Normand.

Une première pelletée de terre en 2021?

Le vice-président du comité exécutif de la Ville de Québec a par ailleurs ouvert la porte à la possibilité qu’une première pelletée de terre soit effectuée vers la fin de l’année 2021, plutôt qu’en 2022 comme prévu selon l’échéancier initial.

Lors de son exposé présenté aux membres de la commission, M. Normand a expliqué qu’une fois le projet de loi 26 adopté, la Ville pourra entreprendre le processus d’acquisitions, dont certaines pourraient se régler par expropriation. Il souhaite ensuite que les appels d’offres pour la construction du projet soient lancés en 2020, pour une mise en chantier l’année suivante.

«Je comprends qu’on veut faire une première pelletée de terre avant l’élection municipale», a analysé M. Gosselin.

Le ministre des Transports n’a pas tardé à écarter la possibilité d’investir davantage d’argent dans le projet. « De notre côté, nous n’irons pas plus loin que le 1,8 G$ qui est dédié, a répété M. Bonnardel. [...] Je reste persuadé que la Ville de Québec va tout faire pour maximiser l’achalandage.»

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