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Tweet sur la vasectomie: «Je l’ai fait à partir d’une frustration», dit Gabrielle Bouchard

TVA Nouvelles

La présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ) a suscité une vive controverse en écrivant quelques mots sur Twitter.

«On devrait discuter de la vasectomie obligatoire à 18 ans», a écrit hier Gabrielle Bouchard, enflammant les réseaux sociaux.

«C’était même pas quelque chose de planifié, se défend-elle à l’émission de Denis Lévesque. Je n’ai pas planifié de faire ce post-là en disant qu’il va y avoir des réactions et qu’on va ensuite en discuter. Je l’ai fait à partir d’une frustration du fait qu’on est capable d’avoir des débats raisonnables ou qu’on demande des débats raisonnables sur le droit des femmes, sur le corps des femmes, sur l’avortement, sur la stérilisation des femmes autochtones. Et, comme on en a fait la preuve, lorsqu’on parle de l’autonomie du corps des hommes, on voit alors qu’on n’est pas capable d’avoir la même conversation.»

Selon Mme Bouchard, même si le débat fait rage aux États-Unis, les tentatives pour criminaliser l’avortement sont en hausse chez nous au Canada et ailleurs dans le monde. «On attaque le corps des femmes de façon régulière. Le fait de dire qu’on devrait avoir une discussion sur la vasectomie obligatoire et la réponse qu’on a eue sur l’idée même d’avoir une conversation parle beaucoup sur cette différence-là entre les deux [sexes]», plaide-t-elle.

Les hommes réagissent

Chose certaine, en utilisant une formulation-choc dans son message, la présidente de la FFQ a fait réagir de bondir de nombreux hommes sur son fil Twitter et sa page Facebook. Elle souhaite maintenant que ceux-ci restent actifs lors des discussions à venir.

Citant un sondage qui révèle que 86% des Québécois estiment que l’avortement devrait être légal partout dans le monde, l’animateur de LCN souligne à son invitée qu’une quasi-unanimité semblable ne justifie pas qu’on rouvre le débat sur le sujet.

«Si vous parlez de l’avortement après 24 semaines, je crois que les chiffres sont bien différents, fait-elle valoir. Les réponses qu’on reçoit [à la FFQ], les femmes qui nous parlent des expériences qu’elles ont eues à vivre d’avortement dans ces périodes-là, leur expérience est bien différente.»

Gabrielle Bouchard relève la situation des femmes qui doivent aller aux États-Unis pour subir des avortements de troisième trimestre. «Vous savez, M. Lévesque, pourquoi on envoie les femmes aux États-Unis? On les envoie aux États-Unis parce que les médecins ici ne veulent pas le faire», observe-t-elle.

En fait, Mme Bouchard souhaite susciter une discussion au Québec sur l’enjeu de la contraception masculine. «Je crois que ce serait intéressant de dire : ayons des hommes qui vont prendre une responsabilité sur la contraception et les droits reproductifs, de la même façon qu’on demande aux femmes... Là, on laisse aux femmes l’obligation d’avoir un stérilet, de prendre la pilule, de s’assurer que le condom est là, avec tous les effets négatifs qui viennent avec ça.»

La présidente de la FFQ fait remarquer à Denis Lévesque qu’elle ne serait pas présente à son émission pour lui parler si elle avait présenté un mémoire, plutôt que de publier un tweet sur la vasectomie obligatoire...

Voyez l’entrevue intégrale à Denis Lévesque dans la vidéo ci-dessus

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