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Inquiétudes face à la politique du 20/20/20 de l'administration Plante

Yves Poirier | TVA Nouvelles

JOEL LEMAY/AGENCE QMI

L’inquiétude au sein du milieu des constructeurs de condominiums neufs est palpable face au nouveau règlement de l’administration Plante qui devrait obliger les entrepreneurs à inclure du logement abordable, familial et social 20/20/20.

Malgré de nombreuses discussions et échanges entre la Ville et les gens concernés par la nouvelle politique, il ne semble pas y avoir de consensus, et ce, à quelques heures de l’annonce qui sera faite par la mairesse Valérie Plante et son responsable du développement économique et commercial, de l’habitation et du design au comité exécutif, Robert Beaudry.

D’une part, on craint que les promoteurs soient privés de compensations offertes par la Ville, et ce même s’ils contribuent à augmenter le nombre de logements sociaux et abordables dans la métropole.

D’autre part, plusieurs estiment que ce sont au bout du compte les acheteurs d’unité d’habitation neuve qui financeront cette politique en payant plus cher leur condominium.

Divers joueurs du milieu de la construction se demandent si la Ville ne contribuera pas à la flambée de prix

Flambée des prix à prévoir

Divers joueurs du milieu de la construction se demandent si la Ville ne contribuera pas à la flambée de prix.

Dans un communiqué publié mercredi matin, l’Institut économique de Montréal abonde dans ce sens en allant jusqu’à dire que ce nouveau règlement n’améliorera pas l’accès au logement. I

Il risque plutôt d’avoir l’effet contraire, soit de faire augmenter les prix et de limiter le nombre de nouvelles constructions.

«Le problème principal avec cette politique est qu’elle ne tient pas compte des motivations individuelles. Les promoteurs ne construisent pas des maisons parce que c’est bon pour la ville, mais pour le profit qu’ils en tireront. Éliminons ce profit et ils trouveront mieux à faire de leur temps et de leur capital que de construire des maisons», explique Daniel Dufort, Directeur des affaires externes à l’IEDM et coauteur de la publication.

D’ailleurs, une étude récente a estimé que le plan 20/20/20 ferait augmenter les prix de 16 % au centre-ville de Montréal.

«Il s’agit aussi d’une politique malavisée, car en réalité la Ville, plutôt que de dépenser directement pour des logements sociaux ou abordables, recourt à une règle mal conçue qui force des acteurs privés à débourser. Une telle "dépense publique déguisée" cause plus de distorsions dans l’économie qu’une dépense directe, et beaucoup plus que des solutions de marché qui ont fait leurs preuves», ajoute Peter St. Onge, Senior Fellow à l’IEDM et coauteur de la publication.