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La DPJ de la Mauricie comparée à un «navire à la dérive» dans un jugement

TVA Nouvelles

La Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) de la Mauricie et du Centre-du-Québec a de nouveau été blâmée pour ne pas avoir protégé adéquatement des enfants agressés sexuellement.

Dans son rapport, la juge Pascale Berardino a même comparé la DPJ de la région à un «navire à la dérive», sans capitaine ni équipage.

Elle intervenait dans le dossier de trois enfants qui ont été violentés et agressés sexuellement sans être protégés comme il faut.

Leur calvaire s’est prolongé, car les procédures judiciaires visant à les retirer de leur milieu ont été retardées pour différentes raisons.

Ils sont restés dans un milieu de vie non sécuritaire parce qu’une première intervenante était en congé de maladie et ne pouvait assister à la suite de l’audition.

La collègue qui la remplaçait a ensuite obtenu l’autorisation de partir en vacances.

Un juge a aussi accepté de reporter l’audience avec le départ en congé maladie de l’avocate représentant la DPJ.

«Il n’y a pas assez de personnel, de personnes assez formées. Mais ce n’est pas la faute des intervenants. Les outils ne sont pas là», explique le psychologue et ancien intervenant à la DPJ, Paul Langevin.

«Quand c’est un régime qui dure depuis plusieurs années, les gens s’épuisent ou changent de travail», ajoute la présidente de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS).

À un certain moment, plus personne ne remplissait le mandat de protéger les jeunes.

La juge souhaitait s’entretenir avec la directrice de l’organisation. Un rendez-vous auquel elle ne s’est pas présentée, puisqu’elle s’apprêtait à quitter pour la retraite.

À un autre moment, une intervenante a admis devant la juge s’être peu préparée pour son témoignage à la cour.

«On s’occupe des dossiers plus urgents, les autres attendent. Tous les enfants méritent qu’on s’occupe d’eux, peu importe de quoi ils sont victimes», précise Paul Langevin.

Les autorités de la santé affirment qu’elles vont désormais réviser l’ensemble des dossiers lorsqu’un intervenant s’absente pour maladie afin de s‘assurer qu’il n’y ait plus de vide juridique.

- avec la collaboration de Jonathan Roberge