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La «fraude du président» ressurgit

Jean-Michel Genois Gagnon | Journal de Québec

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La «fraude du président» refait surface au Québec. Des entreprises dans le domaine de l’assurance et de la distribution d’assurance auraient été ciblées par des malfaiteurs au cours des dernières semaines, selon l’Autorité des marchés financiers (AMF).

«Nous avons des éléments qui nous permettent de croire qu’il semble y avoir une nouvelle vague», indique le porte-parole Sylvain Théberge, ne pouvant pas, pour des raisons de confidentialité, dévoiler les noms des compagnies visées par les fraudeurs.

L’AMF affirme avoir dernièrement reçu plusieurs signalements indiquant qu’un ou plusieurs individus tentent d’extirper des fonds d’entreprises par ce stratagème. L’organisme refuse toutefois de dire si une enquête a été ouverte. Un communiqué a tout de même été récemment publié pour mettre en garde la population.

«Dans ce cas-ci, l’Autorité est directement impliquée. Il y a une fausse adresse (opa@lautorite-qc.com) de notre organisation qui apparaît dans le courriel», prévient M. Théberge. L’objectif des fraudeurs étant de donner plus de crédibilité au message.

Adresse courriel similaire

Pour ce stratagème, le fraudeur utilise une adresse courriel similaire à celle du président de l’entreprise visée et il tente de convaincre la victime, un travailleur dans l’organisation, d’effectuer un transfert de fonds. Par ailleurs, il note aussi au destinataire que certains points doivent être respectés afin de suivre la réglementation de l’AMF.

«Le courriel donne l’impression que le président demande une action très rapide», explique M. Théberge. « Bien souvent, les employés souhaitent agir le plus efficacement possible. Dans ce cas, on peut commettre un faux pas », ajoute-t-il.

Ce n’est pas la première fois que l’arnaque baptisée la «fraude du président» fait couler de l’encre au Québec. En 2014, la Coop fédérée, propriétaire des groupes Olymel et BMR, avait vu s’envoler 5,5 millions $ vers la Chine.

L’année suivante, trois compagnies du Saguenay–Lac-Saint-Jean avaient aussi été visées par ce stratagème. L’une des entreprises s’était fait dérober environ 1 million $.

Selon le Bureau de la concurrence du Canada, en 2018, «les Canadiens ont perdu environ 97 millions $ à cause de la fraude, et ces données ne comptent que les cas signalés, qu’on estime à 5 % seulement».