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Montréal ne veut plus publier ses avis publics dans les journaux

Elsa Iskander | Agence QMI

Journal de Montréal

La Ville de Montréal souhaite cesser de publier ses avis publics dans les journaux et les diffuser uniquement sur son site internet, dès septembre prochain.

Actuellement, les avis sur les règlements, les ordonnances et les assemblées publiques paraissent dans deux quotidiens et sur le site internet de la Ville.

Cette décision permettrait d’économiser environ 350 000 $ par an, estime l’administration municipale.

Mercredi matin, le comité exécutif de la Ville de Montréal a approuvé l’inscription de ces changements réglementaires sur les avis publics à l’ordre du jour du conseil municipal.

C’est moins d’une semaine après que la ministre de la Culture, Nathalie Roy, eut exhorté l'appareil gouvernemental à acheter des publicités dans des médias québécois.

Interpellée sur les avis publics deux heures après la réunion du comité exécutif où la nouvelle mesure a été soulevée, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, n’était pas en mesure de répondre aux questions du «24 Heures».

«Il y a tellement de dossiers qui sont passés, celui-là on va te revenir», a-t-elle dit, au sujet de la réunion du comité exécutif à laquelle elle était pourtant présente.

«Ce sera sur notre site web, les citoyens pourront y avoir accès», s’est limité à dire le cabinet de la mairesse plus tard dans la journée, au sujet des avis publics.

Moins de contraintes

Parmi les arguments mis de l’avant par la Ville, il y a la possibilité de publier les avis plus rapidement et d’apporter des correctifs facilement. La mesure proposée s’inscrit dans le virage numérique, d’après la Ville, qui évoque aussi des motivations écologiques.

Un avis de motion du règlement devrait être présenté au conseil municipal, le 17 juin, et son adoption est prévue pour le 19 août, en vue d’une application dès septembre 2019.

Les modifications ne concernent pas la publication d’avis d’appel d’offres, qui continueront d’être diffusés en ligne via le système électronique d'appels d'offres et dans les journaux.

Devoir de contribuer

«La Fédération (des journalistes professionnels du Québec) demande carrément à la Ville de Montréal d’abandonner ce projet de règlement qui sera présenté lundi», a insisté Valérie Gaudreau qui siège au conseil exécutif de l’organisme. Selon elle, l’argument financier ne tient pas la route, la Ville ayant un budget de 5,7 milliards $.

La métropole a «un devoir» de contribuer financièrement aux médias imprimés locaux, qui traversent une période de crise, soutient Mme Gaudreau.

De grandes villes comme Montréal «ont l’obligation de favoriser la vie de la presse locale, parce que c’est un pilier de la démocratie et qu’elles-mêmes reposent sur ce système démocratique», a aussi avancé Danielle Pilette, professeure à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et experte en gestion municipale.

«Les citoyens seraient davantage exposés aux avis publics qui sont encore dans les journaux», a soutenu Mme Gaudreau.

Les citoyens avertis pourront s’informer aisément en ligne, estime Mme Pilette, observant toutefois que les avis publics peuvent être difficiles à comprendre.

Un changement législatif sous le gouvernement Couillard permet aux municipalités de publier leurs avis publics uniquement sur internet. L’an dernier, l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie a pris cette décision. La Ville de Québec aussi, par exemple.