/news/society

Recrudescence du nombre de migrants illégaux à la frontière

Yves Poirier | TVA Nouvelles

Deux ans après la crise des migrants qui avait entraîné la transformation du stade olympique en grand refuge, on assiste à une recrudescence des passages irréguliers sur le chemin Roxham.

Selon des informations obtenues par TVA Nouvelles, il y a depuis dimanche une forte augmentation des interceptions.

Ce sont de 75 à une centaine d’interceptions qui sont faites au quotidien. En quelques jours seulement, les entrées irrégulières par le chemin Roxham ont pratiquement doublé.

En après-midi mercredi, on pouvait d’ailleurs observer l’arrivée d’une famille de trois enfants.

Un achalandage plutôt inhabituel ces jours-ci, selon des sources consultées bien au fait de la situation. Au cours des derniers mois, la GRC a d’ailleurs grossi ses installations.

«Le nombre de demandeurs d’asile au Canada fluctue au fil du temps et peut dépendre de bien des facteurs différents, a indiqué l’ASFC dans un courriel adressé à TVA Nouvelles mercredi soir. Nous surveillons continuellement les conditions et la situation dans d’autres pays pour orienter notre planification; cependant, nous ne ferons aucune hypothèse par rapport aux tendances à venir.»

«L’Agence des services frontaliers du Canada veille à ce que les ressources soient en place pour faire un examen approfondi des demandes d’asile afin de minimiser les risques pour la santé et la sécurité des Canadiens — comme nous le faisons pour tous les voyageurs au Canada — et revoit continuellement les priorités opérationnelles et les plans d’urgence avec nos partenaires pour faire face aux augmentations potentielles des volumes de demandeurs d’asile.»

Mais comment expliquer cette recrudescence? Difficile d’avoir des réponses dans l’immédiat auprès des agences et ministères concernés.

Nous avons joint l’avocat spécialisé dans les dossiers d’immigration Stéphane Handfield dans le but d’avoir son analyse de la situation.

«L’une des raisons est sûrement que les permis de séjour viennent à échéance du côté des États-Unis cet été et que les autorités américaines ont décidé de ne pas renouveler ces permis de séjour temporaire», explique l’avocat.

«Des individus qui craignent d’être expulsés vers leur pays d’origine décident de franchir la frontière canadienne afin d’y solliciter l’asile», poursuit Me Handfield.

Chose certaine, à Saint-Bernard-de-Lacolle, à deux pas de la frontière officielle, on ne manque pas de bâtiments pour les accueillir.

Toujours le même constat, plusieurs maisons mobiles donnent à ce secteur des allures de petit village.