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Sépaq: une directrice coupable d'avoir protégé un employé braconnier

Charles Lecavalier | Journal de Québec

Archives, Sepaq

La directrice du parc national de Mont-Tremblant est toujours en poste, même si elle a été condamnée pour entrave après avoir protégé un employé braconnier.

La directrice Sylvie-Anne Marchand a été reconnue coupable en mai d’avoir « entravé volontairement un agent de la protection de la faune lorsqu’il était dans l’exercice de ses fonctions », a appris Le Journal.

Les faits se sont déroulés en 2017 et l’enquête a nécessité une perquisition dans les bureaux du parc national du Mont-Tremblant, dans les Laurentides.

À l’époque, les gardes-parcs, des salariés de la Sépaq, ont monté un dossier contre un autre employé du parc, épinglé à trois reprises pour pêche illégale.

Ce dossier ne s’est toutefois jamais rendu aux agents de protection de la faune, car il a été retenu par la direction.

Mises au parfum, les autorités ont lancé une enquête. Les agents de la faune obtiennent alors un mandat de perquisition pour obtenir, entre autres, des images d’une caméra cachée qui a croqué des scènes de pêche. Le Journal a obtenu les documents judiciaires de cette affaire. On peut y lire plusieurs dépositions d’employés.

« Pas d’infractions émises »

On y apprend que la directrice Marchand a assuré au fautif lors d’une rencontre « qu’il n’y aurait pas d’infractions émises et qu’elle ne ferait pas monter ça aux agents de la faune », selon un témoin présent.

Elle a proposé plutôt de lui retirer son passeport découverte, un privilège d’employé.

Un autre garde-parc estime quant à lui que la situation est généralisée. « Plusieurs employés [...] ne respectent pas les règlements. Ils savent qu’on ne va jamais spécifiquement au lac Rossi et là, les souris dansent », écrit-il aux agents de la faune.

Un autre limier dénonce dans ses mots que « la seule tape sur les doigts » du pêcheur illégal est le retrait temporaire de son privilège d’employé.

« Je trouve que c’est de la marde », écrit-il. « C’est comme ça depuis des années. J’ai l’impression que c’est la loi juste quand ça les arrange. »

De son côté, la Sépaq affirme qu’il s’agit d’une simple « erreur de gestion » commise par une « gestionnaire d’expérience ».

« La Sépaq a aussi agi promptement à l’endroit de la gestionnaire en lui imposant une sanction disciplinaire en vertu de sa politique de tolérance zéro », affirme le porte-parole Simon Boivin dans une communication écrite, sans indiquer quelle est cette sanction.

Des demandes d’entrevues avec le PDG de la Sépaq, Jacques Caron, et avec Mme Marchand ont été refusées.

Amende de 363 $

M. Boivin souligne que Mme Marchand a dû payer une amende de 363 $, toutefois jugée dérisoire par le député péquiste Sylvain Roy, qui demande des actions musclées.

La situation est « complètement inacceptable » aux yeux du critique. « Pourquoi n’a-t-elle pas été relevée de ses fonctions ? La direction doit montrer l’exemple. C’est une accusation extrêmement grave. Il doit y avoir une imputabilité », a-t-il réagi.

M. Roy estime que la Sépaq tente de faire ses « propres lois » sur son territoire.

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