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Des milliers de petites guêpes asiatiques pour contrer l'agrile du frêne

Catherine Bouchard | Journal de Québec

archives, TVA Nouvelles

Ressources naturelles Canada (RNC) tente une nouvelle offensive dans la ville de Québec afin de limiter les dégâts causés par l’agrile du frêne, en relâchant des petits parasitoïdes provenant d’Asie, l’un des principaux prédateurs de l’insecte ravageur.

Le parasitoïde, également appelé tetrastichus planipennisi et qui provient de la famille des guêpes, insère ses œufs au travers l’écorce de l’arbre, directement dans la larve de l'agrile du frêne. Il s’attaque principalement à l’agrile du frêne.

Le parasitoïde est inoffensif pour l’être humain et les experts de RNC misent énormément sur ce projet de recherche dans la lutte à l’insecte envahissant. C’est une première tentative à Québec, mais cette méthode a été essayée ailleurs au Canada et aux États-Unis.

«Ce sont de petits insectes qui, naturellement, vont attaquer d’autres insectes. Ils vont pondre leurs œufs à l’intérieur de l’autre insecte et le dévorer de l’intérieur, ce qui va le tuer», explique Véronique Martel, chercheuse en entomologie chez RNC.

Le scientifique de RNC, Robert Lavallée, indique que l’agrile n’est pas problématique en Asie. «Mais ici, nous n’avons pas l’écosystème qu'ils ont là-bas pour nous défendre», observe-t-il.

«Nous avons ramené le tetrastichus d’Asie, car l’agrile est arrivé au Canada sans ses ennemis naturels. Nos insectes ne connaissent pas l’agrile, donc ils ne l’attaquent que très peu», renchérit Mme Martel.

Résultats prometteurs

Le projet de relâchement des parasitoïdes se fera en deux temps. Les équipes de RNC procèderont au relâchement de 1500 espèces au début de l’été et de 1500 autres, à la fin de l’été. Les sites choisis sont le parc du Bois-de-Coulonge et les plaines d’Abraham. 

De petites buchettes qui ont été exposées à l’agrile et dans lesquelles se trouvent les parasitoïdes sont accrochées aux arbres. La petite guêpe sera en mesure de retrouver l’agrile caché sous l'écorce de l'arbre atteint et de faire le travail escompté par les équipes de RNC.

L’objectif premier est l’installation du parasitoïde dans l’écosystème d’ici, ce qui devrait prendre trois ans. 

Cette technique existe au Canada depuis 2013. «Les résultats sont très encourageants, très prometteurs. Le parasite s’est installé», s’enchante Mme Martel. 

Il faudra quelques années de plus pour mesurer l’impact sur l’agrile et limiter sa prolifération dévastatrice.

 

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