/regional/montreal/montreal

Le «Festival du Solstice d’été» revient à son ancien nom

Cédérick Caron et Guillaume Pelletier | Agence QMI

L’organisation derrière le Festival du solstice d’été dans l’arrondissement Le Sud-Ouest, à Montréal, a reconnu ses torts, jeudi, et décidé de changer son nom pour évoquer la Fête nationale après avoir subi les foudres de la population, de la mairesse de Montréal et même du premier ministre du Québec.

«C’était une erreur de tous les partenaires», a répondu le conseiller d’arrondissement du district Saint-Paul–Émard–Saint-Henri-Ouest, Alain Vaillancourt, lorsque le «24 heures» lui a demandé à qui revenait la faute de cette controverse.

Au début du mois de juin, l’arrondissement a présenté ce nouvel événement organisé en collaboration avec la Société de développement commercial Les Quartiers du Canal et baptisé le Festival du solstice d’été se déroulant du 22 au 24 juin. C’est en voyant qu’aucune mention de la Fête nationale n’apparaissait sur les affiches et sur le site internet que des citoyens ont commencé à manifester leur désaccord.

«Notre intention a toujours été de célébrer la Fête nationale et même d’étendre les festivités sur trois jours», s’est défendu M. Vaillancourt, qui agit à titre de maire suppléant de l’arrondissement Le Sud-Ouest. C’est lui qui a dû gérer la tempête médiatique à la place du maire Benoit Dorais, qui est aussi président du comité exécutif de la Ville de Montréal.

Retour du vieux nom

Dans l’impossibilité de répondre aux médias parce qu’il représente Montréal au Congrès des villes créatives de l’UNESCO, M. Dorais s’est libéré l’instant d’un tweet pour annoncer que l’événement allait reprendre l’appellation de «La Saint-Jean dans le Sud-Ouest» comme par les années passées.

L'organisation s'est fait accuser d'avoir évité les mots Fête nationale à des fins politiques. Dans le communiqué annonçant l'événement, on avait d’ailleurs indiqué voir «maintenant plus grand avec le festival qui souligne la richesse de nos racines dans un cadre inclusif et rassembleur».

«Je ne veux pas trop parler pour lui, mais je crois que M. Dorais voulait parler de l’inclusion des commerces dans la fête», a tenté d’expliquer M. Vaillancourt.

Un message contradictoire lancé

Pour le professeur du Département de communication sociale et publique de l'UQAM Olivier Turbide, il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’une erreur de jugement.

«D'appeler ça Solstice d'été, c'est étrange et ça manifeste une insensibilité par rapport à la volonté d'une majorité de Québécois de célébrer leur nation», a-t-il dit, tout en précisant que le tout est fait dans un «Québec inclusif».

Celui qui enseigne les théories de la communication voit des similitudes entre cette controverse et celle entourant le changement de nom du «sapin de Noël» par «grand sapin des fêtes» par le bureau de l’ancien premier ministre du Québec Jean Charest.

«Ça procède d'une même logique d'effacement d'un caractère identitaire qui renvoie à un climat que l'on observe ailleurs dans le "politically correct" [...].»

La controverse identitaire avait fait revenir le bureau du premier ministre Charest sur sa décision.

Des violons qui restent à accorder...

Les différentes parties responsables de l’organisation de ces trois jours de spectacles dans le Sud-Ouest semblent toutefois devoir encore s’accorder.

Après que la mairesse de Montréal Valérie Plante eut demandé que les affiches soient refaites et que M. Vaillancourt eut confirmé que le tout était en marche jeudi après-midi, Julie Bourbonnière, qui est directrice des communications de l’Auguste Théâtre, qui produit l’événement, a indiqué en fin de journée qu’il n’y aurait pas de réimpression et que seul le site internet servira d’outil de promotion.

Ce qu’ils ont dit:

«C’était une erreur, c’était malaisant et on va revenir à la Saint-Jean-Baptiste parce que c’est ça qu’on fête», a dit Valérie Plante, mairesse de Montréal

«Valérie Plante et Benoit Dorais doivent s'excuser aux citoyens montréalais pour cette erreur qui n'aurait pas dû arriver», a dit Lionel Perez, chef par intérim d’Ensemble Montréal

«Quelle erreur de jugement! C’est notre Fête nationale! On est fiers d’être Québécois. On est fiers de notre nation. Disons-le haut et fort: bonne Fête nationale!» a dit François Legault, premier ministre du Québec

«Je pense qu’ils doivent revoir leur position, parce que c’est de l’argent [public] qui est donné aux Québécois pour fêter la Fête nationale», a dit Chantal Rouleau, ministre responsable de la Métropole et de la région de Montréal

«Le 24 juin, depuis 1977, c’est la Fête nationale, et avant c’était la Saint-Jean-Baptiste. D’appeler ça le solstice d’été, parce que c’est plus inclusif... On est-tu en train de virer sur le top?» a demandé Pascal Bérubé, chef intérimaire du Parti québécois

«On n’acceptera jamais que les fonds du gouvernement qui servent à célébrer notre fierté, nos valeurs et notre nation servent à d’autres fins que la célébration de la Fête nationale.[...] Ça arrive que les festivités se fassent dans le cadre d’autres activités, mais il faut comprendre que la Fête nationale doit être au cœur de la promotion et de l’organisation des festivités pour avoir du financement», a dit Isabelle Charest, ministre déléguée à l’Éducation

Dans la même catégorie