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Malgré le «boom» des mises en chantier, le taux d’inoccupation des logements locatifs atteint 1,8%

Guillaume Picard | Agence QMI

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Les promoteurs ont construit plus de logements locatifs ces dernières années, mais malgré cela la pénurie s’accélère et touche tous les secteurs géographiques du Grand Montréal, avec un taux d’inoccupation de 1,8%.

Ce taux était pourtant de 3,9% il y a à peine deux ans, à l’automne 2016.

La Couronne Nord affiche de loin la situation la plus criante avec un taux d’inoccupation de 0,9%, alors que le taux d’équilibre reconnu par les experts se situe à 3%.

Il est aussi difficile de trouver un logement locatif dans la Couronne Sud (taux d’inoccupation de 1,5%), dans l’agglomération de Longueuil (1,9%) et à Laval (1,9%). Dans l’agglomération de Montréal, le taux d’inoccupation est plus sain, mais se fixe tout de même à 2%.

Selon le bulletin «Perspective Grand Montréal» publié ce vendredi par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), lequel s’appuie sur des données de l’Enquête sur les logements locatifs – octobre 1990 à octobre 2018 –, les mises en chantier de logements locatifs sont en forte hausse depuis quelques années. Elles ont même atteint 8800 unités par année de 2016 à 2018 dans le Grand Montréal, soit plus du double par rapport aux années 2001 à 2015 (4100).

Petit bémol dans l’agglomération de Montréal, toutefois, alors que les mises en chantier de logements locatifs avaient atteint les 4625 en 2017, pour retomber l’an dernier à 2439.

Parmi les sous-secteurs les plus lourdement frappés par un taux d’inoccupation important, soulignons Vimont/Auteuil à Laval (0,1%), l’arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension (0,7%) et le quartier Mercier à Montréal (0,9%), ainsi que les MRC de Deux-Montagnes/Mirabel (0,8%) et de Thérèse-De-Blainville (0,8%) sur la Rive-Nord.

Il faut dire que la situation s’était embellie d’année en année, après la crise de 2001 et de 2002, alors que le taux d’inoccupation avait atteint son niveau le plus critique depuis 1990, à 0,6% et 0,7%, respectivement.

Moins de logements sociaux et abordables mis en chantier

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, n’aimera assurément pas ces chiffres, elle qui vient de dévoiler son règlement visant à augmenter la part de logements sociaux dans les projets immobiliers.

Selon la CMM, une moyenne de 1280 logements en coopératives ou en OBNL d’habitation a été construite chaque année de 2004 à 2015 dans le Grand Montréal. Mais cette moyenne a reculé à 703 nouveaux logements sociaux ou abordables de 2016 à 2018. Pire, ces mises en chantier représentent maintenant à peine 8 % de toutes celles concernant le locatif, alors que c’était 29% de 2004 à 2015.

La CMM rappelle que «les besoins en logement abordable sont très élevés» dans le Grand Montréal alors que «27,1% des ménages locataires de la région sont à faible revenu et éprouvent des difficultés financières à se loger». Ces ménages doivent consacrer 30% et plus de leur revenu brut pour avoir un toit sur la tête.

Aussi, plus les logements sont vastes, plus ils sont difficiles à dénicher. Le taux d’inoccupation des studios à l’échelle du Grand Montréal est de 3,1%, alors qu’il est de 0,8% pour les appartements de trois chambres. Montréal a d’ailleurs la plus faible proportion de logements locatifs de trois chambres, soit 18%, ce qui constitue de 5% à 8% de moins que les quatre autres secteurs du Grand Montréal.