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18 mois de taule pour avoir tué sa copine au volant

Magalie Lapointe | Journal de Montréal

Accident voiture VS autobus scolaire.

MAXIME DELAND/AGENCE QMI

Un jeune chauffard qui n’a pas caché ses larmes a écopé de 18 mois de prison, hier, pour avoir tué sa copine dans une collision avec un autobus scolaire alors qu’il roulait à la vitesse folle de 149 km/h.

« Je suis supposé être mort avec elle dans l’accident. J’ai des regrets en ostie », a sangloté Marc-Antoine Landry, 22 ans, au palais de justice de Saint-Hyacinthe.

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En mars, le juge Denys Noël a reconnu coupable Landry de conduite dangereuse ayant causé la mort de son amie et passagère Danyka Grabosky, 18 ans, et d’avoir blessé 10 élèves qui prenaient place dans l’autobus.

Perte de mémoire

Le jeune père de famille affirme n’avoir aucun souvenir de la tragédie survenue le 13 mai 2016, en pleine heure de pointe vers 16 h 30 sur la route 116 est, à Mont-Saint-Hilaire, en Montérégie.

Cette perte de mémoire est associée au traumatisme crânien grave dont il a été victime lors du drame.

À ce sujet, un expert a témoigné que sa Mitsubishi Lancer avait atteint une vitesse de 149 km/h. Or, la limite pour ce tronçon de la route, en 2016, était de 90 km/h.

En pleines plaidoiries sur sentence hier, le criminel s’est adressé à la mère de la victime, Josée Legault, qui est restée impassible.

Vêtu d’un jean délavé et d’un t-shirt noir, Landry s’est installé derrière la table de son avocat. Émotif, il a regardé Mme Legault dans les yeux.

« Je ne pourrai jamais m’excuser autant [qu’il le faudrait]. J’ai développé une carapace, j’ai fait des erreurs, mais je ne suis pas une mauvaise personne », a-t-il dit en pleurant.

Erreur de jeunesse

Le juge l’a condamné hier à 18 mois de prison, se rendant ainsi aux arguments de la défense. La Couronne, elle, réclamait 24 mois derrière les barreaux.

« Il a réagi sous l’impulsion, a statué le magistrat. Une peine en bas de l’échelle est appropriée. »

Le juge Noël a évoqué l’âge de Landry, au moment des faits, 19 ans, comme facteur atténuant de la peine. Mais il n’a pas hésité à mentionner les facteurs aggravants comme la très grande vitesse, le nombre de blessés et sa consommation régulière de drogues.

Pour le beau-père de Mme Grabosky, Jean-Pierre Chalut, l’emprisonnement signifie la fin de ce calvaire.

« C’est une délivrance. »

La mère de la victime est aussi soulagée.

« Ça ne m’appartient plus. C’était la décision du juge. Je suis sereine. Ça ne me ramènera pas Danyka. Pour moi, le deuil ne sera jamais fini », a dit calmement Mme Legault à la sortie de l’audience.

Quant à l’accusé, il a pris le chemin de la prison menotté avec son sac de sport bleu contenant quelques effets personnels.

Ce qu’ils ont dit

« Je suis morte au même moment que ma fille »

« Sortir de chez moi était un enfer. Je ne m'habillais plus et je ne me lavais plus. J'étais une épave qui ne ressentait plus rien »

Josée Legault, mère de la victime

« Le temps atténuera la douleur de la mère, mais ne l’enlèvera pas »

le juge Denys Noël

« Je dois être là pour ma fille. Sans elle, je ne vaux rien »

Marc-Antoine Landry, chauffard coupable