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Un «pimp» en herbe condamné la prison

Michaël Nguyen | Le Journal de Montréal

Un Montréalais qui a tenté de prostituer une fugueuse d’à peine 14 ans a écopé jeudi de huit mois de prison, même si son plan n’a jamais fonctionné.

« L’emprisonnement ferme est la seule peine appropriée [...] pour décourager le recrutement à des fins de prostitution des jeunes d’âge mineur », a lancé le juge Alexandre St-Onge, jeudi, avant d’envoyer le proxénète en herbe derrière les barreaux.

La tentative de proxénétisme de Jean-Simon Peterson, 33 ans, remonte à février 2016. À l’époque, la victime venait de fuguer d’un Centre jeunesse et avait été recueillie par des individus qui l’ont finalement emmenée chez Peterson.

Partager l’argent

« Alors qu’elle se trouvait chez lui, l’accusé lui mentionna qu’à compter du lendemain, elle devra offrir des services sexuels moyennant rétribution », a expliqué le magistrat.

Peterson lui a raconté qu’une autre fille « qui a déjà fait ça » allait tout lui expliquer, que la première semaine se passera chez lui, puis qu’elle irait à l’hôtel. Elle devait ensuite partager l’argent avec lui.

Le plan de Peterson ne s’est jamais réalisé, puisque l’ado s’est rapidement enfuie. Malgré tout, les conséquences sur la victime ont été réelles, a affirmé celle-ci à la cour.

« Cet incident m’a fait perdre l’estime que j’avais et m’a laissé croire que ce milieu de prostitution et ce qui se passait étaient normaux, j’étais donc facilement manipulable, avait dit celle qui est plus tard tombée dans cet univers. Cette expérience ne s’effacera jamais de ma mémoire, j’y suis marquée pour le reste de ma vie. »

«Je n’ai rien fait»

C’est donc pour montrer la réprobation sociale que le juge a condamné Peterson à la prison et à une probation. Celui qui clame son innocence espérait obtenir un sursis de peine, voire l’absolution.

« Je n’ai rien fait, je suis innocent M. le juge, la fille est juste passée chez nous, je n’ai rien fait et c’est moi qui paie les conséquences », a-t-il dit alors qu’on lui passait les menottes, jeudi.

Son avocate, Ann Wasajja, a déjà fait appel de la culpabilité, en notant des éléments lui faisant croire que la victime n’a pas dit toute la vérité lors de son témoignage. Elle demandera d’ailleurs lundi la libération sous caution de son client.