/news/culture

Centre Bell: un jeune premier nommé Corey Hart

Marie-Josée R. Roy | Agence QMI

Le passage des années n’a pas effrité le lien entre Corey Hart et son public. Devenu populaire dans les années 1980, le chanteur jouit toujours d’une gloire intacte, tel un jeune premier. C’est ce qu’on a constaté, samedi, dans un Centre Bell en pâmoison, que Corey Hart visitait dans la foulée de son actuelle tournée, «Never Surrender».

Étrangement, même si l’entrée en scène de Corey  - au pas de course après que ses musiciens eurent pris place avant lui, devant des échantillons vidéo de lui au fil du temps  - a été bruyamment saluée, l’ambiance de la première partie du concert a été plutôt tranquille.

Glass Tiger, formation mère du ver d’oreille «Don’t Forget Me (When I’m Gone)» avait quitté le plancher depuis une trentaine de minutes, au terme d’une énergique première partie.

Corey Hart a d’abord proposé une nouvelle pièce, «Dreaming Time Again», tirée de son récent EP du même titre lancé en mai, puis «Bang! (Starting Over)», un souvenir de 1990.

Les cellulaires étaient levés haut au parterre, on voyait çà et là les têtes dodeliner au gré des rythmes, et Corey tapait des mains, sautillait avec ardeur.

Émouvante ovation

Ç’allait exploser quelques minutes plus tard. C’est au moment où l’auteur-compositeur-interprète a conclu «Boy In The Box», un succès de 1990, que la connexion entre l’artiste et le public s’est produite. Corey Hart a encaissé une tonitruante ovation, poussée par l’assistance de 12 220 personnes comme une immense vague d’amour intarissable.

Tellement que le principal intéressé, dont le visage apparaissait quatre écrans géants, semblait ne pas en revenir. Visiblement désarmé, celui qui, à 57 ans, paraît aussi «cool» et décontracté qu’au moment de ses années de gloire, s’est enfoui le visage dans son micro une seconde, ne sachant plus où se placer. Le gros plan sur ses yeux émus laissait transparaitre candeur et humilité chez Corey, qui en a pourtant vu d’autres. Ce fut là la première d'une longue série d'effusions: une fois dégelés, les spectateurs n’ont plus cessé de témoigner leur amour à l’icône à grands coups de tonnerres d’applaudissements.

On a à peine entendu le «Merci» et la phrase de gratitude que Corey a prononcée tant le vacarme était important. Il a ensuite précisé que c’est à Montréal - là où il est né -qu’il avait écouté la radio pour la première fois. «On va fêter ce soir!» a-t-il lancé, un audible trémolo d’émotion dans la voix. Il s’est enquis de la présence de francophones et d’anglophones dans les gradins; clairement, les francophones étaient en majorité, samedi.

«Là-bas»

Si ses légendaires «Never Surrender» et «Sunglasses At Night» devaient se faire entendre seulement au rappel, Corey Hart n’avait pas gardé le meilleur que pour la fin.

«Là-bas», son célèbre duo avec sa tendre épouse, Julie Masse, fut le quatrième morceau de la soirée et a généré le même attendrissement que jadis. L’enthousiasme a bien sûr atteint son comble lorsque Julie s’est détachée du trio de choristes, dont elle a fait partie tout au long du spectacle, pour s’avancer quelques pas devant son amoureux et incarner sa partition avec intensité. Le couple s’est étreint entre deux couplets, au grand bonheur de tous.

Corey Hart a offert plusieurs confidences, de son charmant français charcuté, entre deux tubes nostalgiques. Il s’est étonné de la réception réservée à «Everything In My Heart», sur laquelle tout le monde a chanté («Oh mon Dieu, c’est beau!»), a invité l’animatrice Mélanie Maynard à le rejoindre à l’avant pour recréer leur rencontre à l’émission «1res fois», l’hiver dernier, et a salué à la fois l’anniversaire de son beau-frère Normand et la mémoire de son neveu décédé, Jonathan Picotte, avec une superbe relecture de «Let It Be», des Beatles, à laquelle les gens ont participé activement. Geneviève Jodoin, gagnante de «La Voix», s’est aussi commise en tandem avec le «super coach» de la plus récente édition du concours.