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Charles Deschamps: passion «stand up»

Marie-Josée R. Roy | Agence QMI

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JOEL LEMAY/AGENCE QMI

Charles Deschamps gagnait sa vie grâce au BMX jusqu’à ce que ses 22 commotions cérébrales et de nombreuses blessures aux genoux et aux épaules le forcent à remiser son vélo. Devenu ensuite propriétaire de bar, il a été entraîné à monter sur scène dans ce contexte et a gradué de l’École nationale de l’humour en 2014. Depuis, il s’adonne à temps plein à sa passion du «stand up», sur diverses tribunes.

Pour Charles Deschamps, «l’humour devrait toujours se faire dans des salles de 150 personnes et moins». Fondateur du Jockey, adresse du quartier Rosemont réputée pour ses «Lundis de l’humour», qu’il a lancé à 24 ans, il a dû vendre son commerce lorsque sa carrière comique a décollé, mais l’humoriste préconise encore et toujours la proximité lorsqu’il déballe son matériel devant spectateurs.

Membre du conseil d’administration du Grand Montréal Comique, il empoignera le micro à plusieurs occasions pendant la deuxième édition du festival, qui se tiendra du 22 juin au 7 juillet, et fait partie de l’Équipe nationale de stand up du Québec, qui fourbira ses premières armes lors d’une prestation inédite, le 24 juin, à l’Olympia.

Encore là, ce sont les planches les plus intimes du Quartier latin – l’Abreuvoir, le Bordel, etc. –, qui accueilleront Charles Deschamps et son style qu’il décrit comme «noir et tabou, mais sympathique».

«Le "stand up", c’est la plus belle chose au monde, argue-t-il en entrevue. Il faut trouver les problèmes, les anomalies dans la vie de tous les jours, dans la société, les raconter sur scène et créer des beaux moments, pour que les gens se disent que, oui, la vie est imparfaite, mais il ne faut pas prendre ça trop au sérieux. Je suis un amoureux de cette forme d’art.»

«Je pense que le but d’un artiste, c’est d’être le miroir de la société, continue Charles. Puisque la société évolue, le miroir change aussi. C’est très facile de se réinventer. Il se passe toutes sortes de choses, de nouveaux sujets tabous, et il faut en parler. Le "stand up" ne va jamais mourir.»

Adrénaline

Copropriétaire du Bordel Comédie Club avec Louis-José Houde, Mike Ward, Martin Petit, François Bellefeuille et Laurent Paquin, Charles Deschamps affirme avec un sourire taquin être «le pas connu» du groupe, dont il est également le cadet.

C’est pourtant lui qui avait le plus d’expérience dans la gestion de ce type d’établissement lorsque le cabaret a ouvert ses portes, en 2015. Dès la fin de l’adolescence, Deschamps travaillait dans les bars pour financer ses compétitions de BMX à l’étranger.

L’adepte de sports extrêmes trace d’ailleurs un parallèle entre l’énergie qui le motive à fouler les planches et celle qui le propulsait dans son ancienne vie d’athlète professionnel, entamée à l’âge de 11 ans.

«L’adrénaline est la même, note-t-il. Tester une blague et tester une nouvelle manœuvre, c’est la même affaire. On ne sait pas si ça va marcher, si on va se planter. C’est le même "feeling"...»

Jouissant encore d’un relatif anonymat, Charles Deschamps raconte que les amateurs d’humour le connaissent bien, et que monsieur et madame tout-le-monde l’observent souvent d’un œil interrogateur, une impression de déjà vu dans la pupille. Une situation qui le comble pleinement.

«Je gagne ma vie en pratiquant ce métier-là et je veux rester ainsi. C’est parfait. Quand je monte sur scène, les gens ne s’attendent à rien, je les fais rire et, le lendemain, je suis à l’épicerie avec ma copine et personne ne nous dérange. J’aime aussi me faire reconnaître, c’est agréable de rencontrer les gens, mais ce n’est tellement pas mon objectif d’être une vedette! J’aime écrire des blagues, les présenter sur scène, et j’espère faire ça pour le restant de ma vie», lance celui qui se fait souvent demander s’il a un lien de parenté avec Yvon Deschamps, et qui doit répondre non, à regret.

«Je lui ai serré la main une seule fois et j’ai presque fondu en larmes, avoue-t-il. Deschamps, c’est le gars qui a inventé le "stand up" au Québec. Si Deschamps n’est pas une influence pour toi, tu n’as aucun respect pour ton métier... (rires)»