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État des routes: la pire année en 15 ans

Jean-Louis Fortin | Journal de Montréal

Affaissement de la chaussée

MAXIME DELAND/AGENCE QMI

Nids-de-poule, fissures, crevasses ; ça fait des années que les routes et les autoroutes du Québec n’ont pas été dans un état aussi épouvantable. Les automobilistes paient le prix de décennies de décisions politiques douteuses, de sous-investissement chronique dans l’entretien du réseau et de conception inadéquate au ministère des Transports.

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«Les Québécois ont raison: les routes sont en très mauvais état», dit Legault

« Les gens ne sont pas contents, il y a eu beaucoup de crevaisons. Cette année, c’est la pire que j’aie vue dans les 15 dernières années. C’est exécrable », affirme Jean Marcotte, vice-président du Groupe Laberge Remorquage, qui dessert la Rive-Sud dans la région de Montréal.

Neuf Québécois sur dix trouvent que les routes sont en mauvais état, et ils ne rêvent pas.

En Montérégie, le boulevard Taschereau et la route 116 ressemblent à un véritable champ de mines. Idem pour de longs segments de l’autoroute 30. Certains nids-de-poule ont été comblés d’urgence au cours des dernières semaines, mais ce rapiéçage de fortune s’effrite déjà.

L’autoroute 20 en direction de Montréal, à la hauteur de Sainte-Julie, est si détruite que le ministère des Transports (MTQ) a dû installer des panneaux ce printemps pour signaler aux automobilistes lancés à plus de 100 km/h qu’ils entrent dans une zone de chaussée rugueuse, comme s’il s’agissait d’un chantier routier.

À Laval, il est carrément dangereux de circuler sur la voie de desserte de l’A-440, à la hauteur du Carrefour Laval.

Dans Chaudière-Appalaches, un conseiller municipal de Leclercville a l’impression que la route 132 sort tout droit du tiers-monde, tellement il y a de trous.

Au Lac-Saint-Jean, des automobilistes n’hésitent pas à faire un long détour de plus de 50 km pour éviter la route 169 et ses nombreux nids-de-poule dangereux.

Grand dossier

Afin de déterminer une fois pour toutes pourquoi nos routes sont en si mauvais état, Le Journal a mis à contribution toutes ses équipes et lance à partir d’aujourd’hui un dossier spécial : Nos routes en déroute.

Nos journalistes ont sillonné le Québec pour trouver les pires exemples de chaussées démolies. Ils ont donné la parole à des citoyens et à des maires exaspérés que le problème se répète d’année en année.

Routes et déroutes

Notre Bureau d’enquête a consulté des ingénieurs et des chercheurs qui y vont de leurs recommandations après avoir observé les meilleures et les pires pratiques dans le monde.

Nos bureaux parlementaires, notre équipe économique et nos chroniqueurs ont également été mis à contribution.

Dès aujourd’hui, nous vous présentons une rare entrevue de fond avec un vrai expert au MTQ, Guy Bergeron.

Loin de la cassette que nous servent habituellement les politiciens qui se succèdent au pouvoir, M. Bergeron affirme sans détour que la province est trop pauvre pour entretenir correctement le vaste réseau routier qu’elle s’est construit.

Tragédie

L’état des routes n’est pas seulement une question de confort. Demain, découvrez l’histoire tragique d’un père de famille qui a perdu la vie au volant de sa voiture après avoir frappé un immense nid-de-poule.

Nos recherches ont également permis de déconstruire l’excuse classique des impacts du climat hivernal sur le réseau routier.

Oui, l’hiver 2018-2019 a été particulièrement pénible avec une trentaine d’épisodes de gel-dégel. Mais l’Ontario et le Nord-Est américain réussissent à garder un réseau routier largement impeccable dans des conditions semblables. Découvrez leurs secrets à partir de lundi.