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La grande majorité des Québécois sont dégoûtés par l’état des routes

Stéphanie Martin | Journal de Montréal

Les Québécois sont dégoûtés de l’état de leurs routes et estiment que la situation se dégrade depuis des années.

Pas moins de 90 % des répondants à un sondage Léger exclusif réalisé pour le compte du Journal estiment que les routes du Québec sont dans un mauvais état.

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« C’est un résultat très fort. L’unanimité n’existe pas en sondage, sinon que c’est ça l’unanimité : près de 9 Québécois sur 10 trouvent que l’état des routes est déplorable », a commenté Éric Normandeau, stratège-conseil chez Léger.

Notons que les questions de Léger concernaient à la fois les routes provinciales et les routes municipales, sans distinction.

Le problème a assez duré

« Les gens sont tannés », résume M. Normandeau. « Ils veulent se débarrasser de ce problème, qui est là depuis longtemps. Ils veulent un réseau routier en bon état, bien fait. »

D’autant plus que la situation ne va pas en s’améliorant, selon les sondés. Dans une proportion de 91 %, les citoyens estiment que depuis 10 ans, la situation est restée la même ou a empiré. À peine 7 % des répondants y voient une amélioration.

Seulement sur le réseau du ministère des Transports, qui comprend 31 000 km de routes et d’autoroutes, on a investi cette année 606 millions $ dans les chaussées. C’est sans compter les millions injectés par les villes sur leurs routes et leurs rues qui s’étirent sur 92 000 km. Selon le sondage, ce ne sont pas les investissements qui sont trop timides.

Des travaux mal faits

Les Québécois montrent plutôt du doigt la mauvaise qualité des travaux. « On sert souvent l’argument de la température, du gel et du dégel, qui créent plein de problèmes. C’est un argument qui ne passe pas la rampe. Les gens n’y croient pas. »

Dans ce torrent d’insatisfaction, la région de Québec, siège du gouvernement provincial, apparaît un peu moins mécontente de son sort. En effet, les habitants de la région métropolitaine de la capitale sont 77 % à se dire déçus de l’état des routes, contre 22 % qui s’en satisfont. C’est un écart significatif, souligne M. Normandeau.

La Ville de Québec a investi massivement dans l’asphaltage de ses routes au cours des dernières années, ce qui pourrait avoir calmé la frustration des usagers.

De façon corollaire, les gens de Québec sont moins nombreux qu’ailleurs à trouver que la situation de leurs routes s’est dégradée avec le temps. Ils ont aussi plus tendance à dire que les choses se sont améliorées ou sont restées stables.

Sondage

1. ÉTAT DES ROUTES AU QUÉBEC

Trouvez-vous que les routes au Québec sont généralement en bon état ou généralement en mauvais état ?

Généralement en mauvais état | 90 %

Généralement en bon état | 9 %

NSP/Refus | 1 %

2. ÉVOLUTION DE L’ÉTAT DES ROUTES AU COURS DES 10 DERNIÈRES ANNÉES

Au cours des dix dernières années, trouvez-vous que l’état des routes s’est amélioré, est demeuré le même ou s’est détérioré ?

S’est détérioré | 65 %

Est resté le même | 26 %

S’est amélioré | 7 %

3. PRINCIPALE RAISON DE LA DÉTÉRIORATION DES ROUTES

Selon vous, quelle est la principale raison pour expliquer que l’état des routes s’est détérioré ?

Les travaux ont été mal faits | 49 %

Il n’y a pas suffisamment d’investissements | 34 %

La mauvaise température | 16 %

NSP/Refus | 1 %

Méthodologie

Un sondage web a été réalisé du 28 mai au 4 juin 2019 auprès de 1006 Québécoises et Québécois de 18 ans ou plus pouvant s’exprimer en français ou en anglais.

À l’aide des données de Statistique Canada, les résultats ont été pondérés selon le sexe, l’âge, la langue maternelle, la région, le niveau d’éducation, ainsi que la présence d’enfants dans le ménage afin de rendre l’échantillon représentatif de l’ensemble de la population à l’étude.

À titre comparatif, la marge d’erreur maximale pour un échantillon de 1006 répondants est de plus ou moins 3,1 %, et ce, 19 fois sur 20.

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