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Faire le deuil de son fils en créant une fondation

Dominique Scali | Journal de Montréal

Benoît Lefebvre et Marie-Pier Savaria peu de temps avant le décès de Justin (à droite), en 2017. Avec les petits Emile, sept ans, et Victor, quatre ans.

courtoisie, Fondation Justin Lefebvre

Benoît Lefebvre et Marie-Pier Savaria peu de temps avant le décès de Justin (à droite), en 2017. Avec les petits Emile, sept ans, et Victor, quatre ans.

Un homme de l’Estrie qui a perdu son fils aîné le jour de la fête des Pères, il y a deux ans, réussit à le faire revivre à travers une fondation créée en son nom.

« On ne voit plus Justin grandir, mais on voit grandir la fondation. C’est une façon de garder notre garçon en vie », dit Benoît Lefebvre, de Sherbrooke.

En juin 2017, le petit Justin Lefebvre, huit ans, est parti pour une fête d’enfants, mais n’en est jamais revenu. Ses amis et lui ont joué à retenir leur souffle sous l’eau, mais Justin l’a retenu un peu trop longtemps.

Il est décédé à l’hôpital le lendemain, qui s’adonnait à être le jour de la fête des Pères.

Pour M. Lefebvre et sa conjointe, Marie-Pier Savaria, cette fête est donc une période éprouvante, même s’ils ont deux autres beaux garçons qui les aident à faire leur deuil.

Dans l’action

« Benoît a su se relever de cette épreuve, a fait preuve d’une force incroyable, d’une résilience exemplaire », dit Mme Savaria.

« C’est dans l’action qu’il a retrouvé son équilibre », ajoute-t-elle à propos de celui qui se donne « corps et âme » à la Fondation Justin Lefebvre.

Puisque Justin était un garçon très actif qui avait la chance d’être né dans une famille qui avait les moyens de lui permettre de faire tous les sports qu’il voulait, les parents ont décidé d’amasser des sous pour payer l’équipement ou les frais d’inscription à des enfants défavorisés.

En 2018, la fondation a donné près de 40 000 $ à des jeunes dans le besoin, estime M. Lefebvre.

« Héros »

L’organisme soutient aussi la cause des dons d’organes pédiatriques puisque les parents ont accepté que le cœur, le foie et les deux reins de Justin puissent servir à sauver quatre autres enfants.

« Notre petit Emile, sept ans, a fait une présentation à l’école sur son grand frère, ce héros. À l’arrière, les profs pleuraient », racontent-ils.

La fondation vise donc à sensibiliser la population au don d’organes et à faire avancer les recherches pour améliorer la compatibilité entre les donneurs et les bénéficiaires, explique M. Lefebvre.

C’est un ami de Justin, le petit Elliott, qui a candidement proposé l’idée de créer une fondation à sa mémoire en 2017. Le Journal publiait d’ailleurs en avril un article sur son initiative.