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Le whip du gouvernement s’excuse d’avoir enguirlandé un libéral

Patrick Bellerose | Journal de Québec

Le caquiste Éric Lefebvre s’est excusé dimanche d’avoir enguirlandé un député libéral en chambre, la veille, après que celui-ci ait dénoncé qu’un ministre soit sorti faire du jogging pendant que les députés siégeaient sous bâillon.

«Avec le recul, M. le président, ma réaction d’hier était exagérée. Le député de LaFontaine s’est senti menacé ou intimidé, je m’en excuse sincèrement, M. le président, au député de LaFontaine», a déclaré au Salon bleu le whip en chef du gouvernement, Éric Lefebvre.

 

La veille, celui-ci avait traversé la chambre pour admonester le député libéral Marc Tanguay. Ce dernier affirme qu’Éric Lefebvre lui a alors lancé des «blasphèmes» en pointant «son doigt à six pouces de mon visage».

Le whip caquiste était furieux que M. Tanguay ait souligné l’absence du ministre Simon Jolin-Barrette pendant une partie des travaux portant sur sa propre réforme de l’immigration qu’il tentait de faire adopter sous bâillon. Quelques minutes plus tôt, un journaliste de TVA Nouvelles, François Cormier, avait publié sur Twitter des photos montrant plutôt le ministre de retour d’une séance de jogging.

 

«Alors qu’aujourd’hui, nous sommes en train de parler et de décider du sort de milliers de femmes, d’hommes et d’enfants, sous la gouvernance du leader, ministre responsable du projet de loi, où est ce ministre? Il est en train de faire du jogging sur les plaines d’Abraham, M. le Président. C’est scandaleux, c’est arrogant, puis on doit le dénoncer, M. le Président», avait lancé le député libéral Marc Tanguay au retour du ministre en chambre.

Accolade

Après l’acte de contrition du whip caquiste dimanche, Marc Tanguay a dit accepter ses excuses. «En ce qui me concerne, l’incident est clos et derrière nous, M. le président», a-t-il déclaré. M. Lefebvre a ensuite de nouveau traversé le Salon bleu, cette fois pour faire une accolade à son adversaire politique.

Contrairement à Marc Tanguay, le premier ministre François Legault a refusé de voir un signe d’arrogance dans la petite escapade de son ministre. Le débat d’hier, a-t-il fait valoir, a duré 19 heures. «Que Simon ait pris une heure pour aller jogger, je pense que c’est tout à fait raisonnable», a-t-il commenté dimanche.

S’il dit ne pas comprendre l’indignation de Marc Tanguay, le premier ministre a souligné les excuses de son whip. «Ce n’est pas une raison, même si un libéral dit des choses qui n’ont pas d’allure, d’engueuler un autre confrère», estime M. Legault.

Simon Jolin-Barrette, lui, a relativisé sa sortie de près d’une heure pendant les travaux. «J’ai été prendre quelques minutes d’air frais, de façon à pouvoir être concentré par la suite dans le cadre des débats que j’ai conduits jusqu’à 4h du matin», a commenté le ministre.

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