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Les Québécois veulent en finir avec les chantiers routiers

Stéphanie Martin | Journal de Montréal

PHOTO CAMILLE GAÏOR/AGENCE QMI

Les Québécois sont prêts à endurer un blitz de chantiers routiers pour qu’on répare convenablement leurs routes une bonne fois pour toutes.

« Les Québécois veulent en finir avec les cônes orange », exprime Éric Normandeau, stratège-conseil chez Léger, qui a mené pour le compte du Journal un sondage exclusif sur l’opinion des Québécois face à l’état de leurs routes.

Le constat est assez frappant. Quand on leur demande si on devrait accélérer la cadence de la réparation des routes, les Québécois répondent oui en très grande majorité, à 69 %, contre seulement 24 % qui souhaiteraient un ralentissement. Et ce, même s’ils connaissent les inconvénients liés à la multiplication des chantiers routiers.

Mais attention, ils ne sont pas friands du « patchage ». Ils sont même prêts à accepter que la durée des travaux soit plus longue afin de reconstruire complètement les tronçons problématiques, et ce dans une écrasante proportion de 88 %.

Le tout dans l’espoir qu’après le blitz, les automobilistes aient enfin un répit. « Il y a un mauvais moment à passer. Ils se disent : “Allons-y, faisons un effort, endurons, prenons notre souffle pour que ce soit un jour fini” », analyse M. Normandeau.

« Les citoyens veulent que les travaux soient faits une fois pour toutes, quitte à ce qu’il y ait plus de chantiers, mais pour eux, ils doivent être faits correctement et de façon durable. »

Transport collectif

D’autre part, 43 % des Québécois souhaitent que les gouvernements investissent davantage dans le transport collectif, presque à la même hauteur que ceux qui voudraient voir plus d’argent injecté dans les routes (51 %).

Le discours de la mobilité que tiennent les maires des grandes villes comme Valérie Plante et Régis Labeaume « commence à faire son chemin », note le sondeur. « Les gens veulent se déplacer, mais pas seulement en auto. La problématique de la mauvaise condition des routes ne touche pas seulement les automobilistes. Elle touche tout le monde. »

Sondage

PRÉFÉRENCE QUANT AU NOMBRE DE PROJETS DE RÉPARATION EN MÊME TEMPS

Devrait-on accélérer le nombre de projets de réparation des routes, quitte à ce qu’il y ait beaucoup de chantiers de construction ou ralentir le nombre de projets de réparation des routes pour les réaliser sur plusieurs années et avoir moins de chantiers en même temps ?

Accélérer le nombre de projets de réparation des routes, quitte à ce qu’il y ait beaucoup de chantiers de construction. | 69 %

Ralentir le nombre de projets de réparation des routes pour les réaliser sur plusieurs années et avoir moins de chantiers en même temps. | 24 %

NSP / Refus | 7 %

PRÉFÉRENCE QUANT AUX INVESTISSEMENTS DES GOUVERNEMENTS

Souhaitez-vous que les gouvernements investissent davantage dans la construction de nouvelles routes ou davantage dans le transport collectif (métro, train, autobus) ?

Davantage dans la construction de nouvelles routes | 51 %

Davantage dans le transport collectif (métro, train, autobus) | 43 %*

NSP / Refus | 6 %

*Proportion supérieure chez : Les répondants qui conduisent une automobile quelques fois par mois ou moins (68 %)

PRÉFÉRENCE QUANT AU TYPE DE RÉPARATION DES ROUTES

Souvent, les projets de réparation des routes consistent en des réparations temporaires et partielles des tronçons problématiques afin de les rendre accessibles le plus rapidement possible aux usagers. Serait-il préférable d’augmenter le coût et la durée des travaux afin de reconstruire complètement les tronçons de route problématiques ?

Oui, il serait préférable de reconstruire complètement les tronçons problématiques. | 88 %

Non, les réparations partielles et temporaires sont suffisantes. | 8 %*

NSP / Refus | 4 %

*Proportion supérieure chez : Les répondants qui conduisent une automobile quelques fois par mois ou moins (12 %)

Méthodologie

Un sondage web a été réalisé du 28 mai au 4 juin 2019 auprès de 1006 Québécois(es) âgé(e)s de 18 ans ou plus et pouvant s’exprimer en français ou en anglais.

À l’aide des données de Statistique Canada, les résultats ont été pondérés selon le sexe, l’âge, la langue maternelle, la région, le niveau d’éducation ainsi que la présence d’enfants dans le ménage afin de rendre l’échantillon représentatif de l’ensemble de la population à l’étude.

À titre comparatif, la marge d’erreur maximale pour un échantillon de 1006 répondants est de +/- 3,1 %, et ce, 19 fois sur 20.