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Les refuges animaliers n’ont jamais été aussi occupés

Étienne Paré | Agence QMI

 - Agence QMI

Courtoisie

Le premier juillet n’est pas encore passé que déjà les refuges d’animaux débordent. Face à une situation inédite, certaines fourrières prennent les grands moyens pour libérer des enclos.

Toute la semaine dernière, la SPCA Lanaudière Basses-Laurentides a réduit exceptionnellement ses prix d’adoption de 50 %.

«Notre refuge est toujours occupé à cette période-ci, mais cette année, c’est pire que jamais. Même si on a perdu de l’argent en réduisant nos prix, il fallait faire quelque chose sinon on n’aurait pas passé au travers les animaux que l’on reçoit lors des déménagements», a indiqué Lucie Duquette, directrice générale du refuge animalier.

Selon elle, cette réalité est en partie causée par les nouveaux règlements sur les canins de type pitbull qu’appliquent plusieurs municipalités de la Rive-Nord de Montréal.

La SPCA a en effet reçu le mandat de procéder à une batterie de tests sur les bêtes qui ont l’apparence d’un pitbull afin de déterminer s’ils posent bel et bien une menace pour la sécurité.

Pendant que l’on analyse leur comportement, ces bêtes doivent être logées quelques jours au refuge, même s’ils ne sont pas orphelins.

«Les règlements contre les chiens dangereux sont nécessaires et c’est important de bien évaluer les animaux pour la sécurité du public. Mais c’est évident que depuis qu’il y a de nouvelles règles, on manque d’espace pour les animaux abandonnés dans notre refuge de Saint-Calixte», a nuancé Lucie Duquette, qui croit que les élus devront à court terme doter la SPCA d’un second emplacement afin de mieux répondre à la demande.

Vieillissement de la population

Sur la Rive-Sud de Montréal, la situation est aussi critique. L’été a toujours été la haute saison pour la SPCA de la Montérégie à cause des arrivées de portées de chatons et d’animaux abandonnés dans les déménagements, mais cette année, c’est du jamais vu.

«Beaucoup de personnes âgées doivent quitter leur maison pour aller vivre en résidence et sont donc contraintes de délaisser leur animal de compagnie. Avec le vieillissement de la population, c’est une tendance qui prend de l’ampleur chaque année», a constaté la présidente de la SPCA de la Montérégie, Linda Robertson, qui recherche d’ailleurs activement de nouvelles familles d’accueil pour les chatons, espérant libérer de l’espace dans son refuge.

Population plus sensibilisée

Si le taux d’abandon est très élevé, les propriétaires d’animaux de compagnie sont de plus en plus préoccupés par le sort de l’animal qu’ils délaissent, souvent à contrecœur.

«Avec toutes les émissions de télé sur les animaux, les gens ont peur que leur ancien animal soit euthanasié. Comme ici, on s’engage à n’euthanasier aucun animal, on en reçoit donc de plus en plus», a remarqué Andrée Poissant, copropriétaire de l’Auberge Zen, un refuge privé de Laval.

Heureusement, à cause de tout le travail de sensibilisation qui a été fait au cours des dernières années, il est également beaucoup plus facile de trouver de nouvelles familles.

Avec son rabais de 50 %, la SPCA Lanaudière Basses-Laurentides a réussi à attirer un nombre record de nouveaux propriétaires.

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