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L'adoption de la loi 21 suscite de vives réactions à Ottawa

Émilie Bergeron | Agence QMI 

Plusieurs élus fédéraux ont exprimé leur vif désaccord face à la loi québécoise sur la laïcité de l’État, lundi, au lendemain de son adoption sous bâillon par l’Assemblée nationale.

«On a dit dès le début que ce n’est pas à un gouvernement de dire aux gens quoi porter ou ne pas porter. On croit fermement que le Canada est un pays laïc et ça se reflète dans nos institutions», a dit le ministre de la Justice, David Lametti, lundi.

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Ce dernier n’a pas écarté la possibilité qu’Ottawa intervienne dans des contestations judiciaires contre la loi 21. Une première requête a d’ailleurs été faite lundi par une étudiante en sciences de l’éducation qui porte le hijab, devant la Cour supérieure.

«Pour l’instant, on va étudier la loi telle que promulguée, avec les amendements, et on va surveiller ce qui se passe sur le terrain», a ajouté M. Lametti.

Sa collègue au Tourisme et aux Langues officielles, Mélanie Joly, s’est dite inquiète de «la pente glissante» dans laquelle elle estime que le Québec s’est engagé.

«Je suis d’avis que la responsabilité de tout gouvernement est de protéger les minorités [...] Lorsqu’on les protège, on assure la cohésion sociale dans une société», a-t-elle soutenu.

Le député libéral de Louis-Hébert, Joël Lightbound, a pour sa part critiqué la façon dont le gouvernement Legault a fait adopter son projet de loi à toute vitesse.

«Je suis attristé de voir que, de manière si rapide et cavalière, le gouvernement de la CAQ a décidé de retirer des droits fondamentaux à des Québécois et de même modifier la Charte québécoise», a-t-il laissé tomber.

La critique la plus acerbe quant à la loi 21 est toutefois sans doute venue de la bouche de l’ancienne première ministre de l’Alberta Rachel Notley.

«C’est un jour triste pour le Canada quand le racisme devient loi», a-t-elle écrit sur Twitter.

Sur la colline parlementaire, les partis d’opposition ont tour à tour exhorté le fédéral à ne pas s’ingérer dans le débat.

«On peut être déçu de ce qui est mis de l’avant, mais il y a une distinction importante à faire entre notre position dans un débat de société et notre position sur le droit fondamental de l’Assemblée nationale de légiférer», a plaidé le néo-démocrate Matthew Dubé.

Le conservateur Gérard Deltell a abondé dans le même sens en faisant valoir que le Québec a tout à fait le droit d’avoir recours à la clause nonobstant.

Le Bloc québécois est le seul à appuyer la nouvelle loi québécoise à Ottawa. La bloquiste Marilène Gill, s’est réjouie que le Québec ait «enfin» réussi à adopter une loi sur la laïcité de l’État.

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