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Un soldat d'élite américain devant une cour martiale pour crimes de guerre en Irak

Agence France-Presse

Statue of justice

sebra - stock.adobe.com

Le procès d'Edward Gallagher, sous-officier des forces spéciales américaines bardé de décorations, s'est ouvert lundi devant un tribunal militaire de San Diego: il doit répondre de plusieurs crimes de guerre, dont le meurtre à coups de couteau d'un prisonnier adolescent, lors de missions en Irak en 2017.

Edward Gallagher, 40 ans, est notamment accusé de meurtre avec préméditation, tentative de meurtre sur deux civils à l'aide de son fusil de précision et obstruction à la justice.

Ce sont des hommes placés sous ses ordres dans une unité des célèbres «Navy SEALs», commandos d'élite de la marine américaine, se disant horrifiés par les actes de leur supérieur, qui ont donné l'alerte.

Les faits qui lui sont reprochés auraient été commis en 2017 à Mossoul, en Irak, où des troupes américaines avaient été déployées aux côtés des forces irakiennes pour reprendre des quartiers de la ville aux mains des combattants du groupe État islamique (EI).

Le militaire, qui risque la prison à vie s'il est reconnu coupable, dément toutes les accusations portées contre lui.

Ses avocats affirment qu'il a été victime d'une «cabale» ourdie par des subordonnés souhaitant son départ.

D'après des déclarations lues lors d'une audience préliminaire en novembre 2018, certains membres du peloton «Alpha» commandé par M. Gallagher étaient si bouleversés par son comportement qu'ils avaient trafiqué son fusil de sniper pour le rendre moins précis et tiraient des coups de semonce pour faire fuir les civils avant que leur chef n'ait le temps d'ouvrir le feu sur eux.

Leur chef se vantait notamment du nombre de gens qu'il avait tués, affirme le rapport d'enquête cité par le New York Times.

En mai 2017, les forces irakiennes avaient capturé un combattant ennemi blessé, qui semblait âgé d'environ 15 ans.

D'après des témoignages de membres des SEALs, alors qu'un médecin était en train d'administrer des soins au jeune homme, le chef Gallagher s'était approché sans un mot et avait poignardé le prisonnier à plusieurs reprises dans le cou et la poitrine avec un couteau de chasse.

Quelques minutes plus tard, M. Gallagher et son officier commandant avaient rassemblé des commandos présents pour une séance de photo près du corps, comme un trophée.

Aux yeux de nombreux Américains, l'accusé reste un héros de guerre et un groupe de parlementaires a fait campagne pour sa remise en liberté, campagne relayée par la chaîne de télévision Fox News, prisée des conservateurs.

Le président Donald Trump s'est lui-même récemment ému des poursuites engagées contre Edward Gallagher et certains autres soldats américains accusés de crimes de guerre, n'excluant pas de les gracier.

Le procès doit durer deux à trois semaines.