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Donald Trump refuse de s'excuser auprès des «Cinq de Central Park»

TVA Nouvelles

Même s’il avait à l’époque demandé le retour de la peine de mort pour eux, le président des États-Unis Donald Trump n’a aucunement l’intention de s’excuser auprès des «Cinq de Central Park», ces garçons accusés, emprisonnés, puis exonérés d’un viol commis dans le célèbre parc new-yorkais.

Un journaliste a questionné le président, mardi, s’il regrettait avoir acheté une pleine page dans un journal afin d’exiger le retour de la peine capitale dans la foulée du procès de cinq jeunes garçons issus de minorités accusés du viol d’une joggeuse blanche dans le parc.

«Pourquoi me poser cette question maintenant? C’est un drôle de moment pour le faire», a commenté Trump.

Pourtant, le cas des «Cinq de Central Park» a été remis à l’avant-plan par la série «When They Se Us», de la réalisatrice Ava DuVernay, qui retrace l’arrestation, la mise en accusation et finalement l’exonération de cinq mineurs pour un crime qu’ils n’ont pas commis.

Leur condamnation a été renversée en 2002 après que le véritable coupable, un violeur en série, se soit manifesté. La Ville s’est entendue avec les cinq jeunes hommes – tous âgés de 16 ans et moins au moment de leur arrestation – pour une somme de 41 millions $.

La série a déjà eu un effet domino important pour deux des principales maîtres d’œuvre des condamnations erronées. La procureure de l’État, Elizabeth Lederer, a consenti à ne pas reprendre son poste d’enseignante à la faculté de droit de l’université Columbia, tandis que l’ancienne procureure – devenue auteure – Linda Fairstein a été lâchée par sa maison d’édition.

Mais le président des États-Unis estime toujours aujourd’hui que les opinions restent partagées.

«Il y a des gens des deux côtés», a-t-il répondu à une question des journalistes avant son départ pour Orlando où il lançait mardi sa campagne de réélection en vue de la présidentielle de 2020. Une réponse qui n’est pas sans rappeler celle que le président avait donnée à la suite des émeutes de Charlottesville, après lesquelles il avait mentionné que des gens étaient à blâmer «dans les deux camps».

«Ils ont admis leur culpabilité. Si vous prenez Fairstein et d’autres procureurs, ils pensent que la Ville n’aurait jamais dû en venir à un accord avec eux», a-t-il poursuivi.

Dans la publicité achetée par Donald Trump, déjà un homme d’affaires bien connu à l’époque, on pouvait lire en lettres majuscules «Ramenez la peine capitale, ramenez notre police!»

Trump avait lui aussi critiqué l’entente faite entre la Ville et les cinq hommes – Antron McCray, Kevin Richardson, Raymond Santana, Yusef Salaam et Kharey Wise – en 2014, estimant qu’il s’agissait d’une «honte».

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