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Épidémie de la tordeuse : les producteurs forestiers demandent plus d'aide de Québec

Vanessa Limoges | TVA Nouvelles

La tordeuse des bourgeons de l'épinette s'attaque vigoureusement aux forêts de l'est du Bas-Saint-Laurent. Les conséquences de cette épidémie sont de plus en plus tangibles pour les propriétaires de forêts privées, qui réclament davantage d'aide de la part de Québec.

Depuis 2018, la Société de protection des forêts contre les insectes et maladies (SOPFIM) procède à des activités d'arrosage aérien d'insecticides biologiques en forêt privée.

Plusieurs années après le début de l'arrosage en forêt publique, le gouvernement du Québec a décidé de commencer à protéger la forêt privée en 2017, en raison de son importance pour l'économie régionale. Ainsi, cette année, 9300 hectares de forêts privées seront arrosés comparativement à 12 400 hectares en 2018.

«On comprend que c'est une planification qui est laborieuse, mais il aurait fallu que Québec réagisse un peu plus vite», a souligné Maurice Veilleux, président du Syndicat des producteurs forestiers du Bas-Saint-Laurent, précisant qu'à plusieurs endroits, le point de non-retour a été atteint.

«Puisqu'il n'y avait pas d'arrosage, les producteurs ont eu peur de tout perdre, donc ils ont récolté de façon prématurée et, maintenant, ils aimeraient que ces boisés soient productifs de nouveau», a indiqué Charles Edmond Landry, directeur général du syndicat.

Le Syndicat aimerait avoir l'aide financière de Québec pour procéder à l'aménagement des surfaces qui ont été récoltées plus tôt que prévu.

«C'est important pour la région parce que le Bas-Saint-Laurent, c'est 50 % de forêts privées. On a des forêts dans toutes les municipalités, c'est un moteur économique important», a souligné M. Landry.

Le syndicat espère aussi que les critères de sélection changent afin que davantage de boisés privés puissent être arrosés par la SOPFIM.

«Il nous reste de la sensibilisation politique à faire, il y a de l'ouverture, mais je pense qu'il faut que la population soit consciente de l'importance de l'arrosage parce que sinon, on va se retrouver avec une rupture de stock dans 20 ou 30 ans», a lancé M. Veilleux.

Au Québec, 7,1 millions d'hectares de forêts publiques et privées étaient infestées en 2017 comparativement à 8,1 millions en 2018.

En 2019, Québec investira 37 millions $ afin de protéger la forêt publique, privée ainsi que les investissements sylvicoles en forêt publique.

Avec les niveaux de population actuels, la SOPFIM ne tente pas d'éliminer la tordeuse, mais plutôt de faire en sorte que les arbres passent au travers de l'épidémie en protégeant 50 % de leur feuillage.

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