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La mérule pleureuse force la démolition de sa maison

Jonathan Roberge | TVA Nouvelles 

On la surnomme le cancer du bâtiment; la mérule pleureuse attaque la structure et détruit le bois des maisons. Steve Frigon a découvert le champignon dans son vide sanitaire. Les experts étaient unanimes, la contamination était trop importante; il ne restait qu’à démolir sa maison. Il perd ainsi tous ses biens.

«C’est comme passer au feu pas d’assurance; même si tu en as... car ils ne paient pas pour ce type de sinistre. Tu dois tout jeter, les matelas, les meubles, tout ce qui a du bois. Les seules choses que tu peux garder, c’est le métal et le plastique», explique Steve Frigon.

Il avait acheté et rénové sa propriété. Il doit aujourd’hui payer deux hypothèques en parallèle, parce que l’aide financière de Québec est de loin insuffisante.

«Le programme gouvernemental prévoit une indemnisation maximale de 100 000$. Démolir une maison, c’est 20 000$. Ça veut dire qu’il t’en reste seulement 80 pour te reconstruire. C’est nettement insuffisant. Il faut aussi se remeubler et continuer de payer l’ancienne hypothèque même si la maison n’existe plus», ajoute-t-il.

La municipalité d’Hérouxville et les villes voisines ont interpelé la ministre des Affaires municipales. Une résolution demande à Québec d’augmenter l’aide financière pour toutes les victimes de la mérule pleureuse. Il y a au moins quatre autres cas dans la région.

«À partir du moment où les assurances ne paient pas; à qui revient la responsabilité? Je crois que le gouvernement devrait les considérer comme des sinistrés, comme les victimes d’inondation. Ainsi, l’aide financière serait beaucoup plus importante», opine Bernard Thompson, le préfet de la MRC Mékinac.

La communauté se mobilise

Cette mésaventure laisse à la famille Frigon une dette d’un peu plus de 200 000$; un montant qui aurait pu être de loin supérieur si ce n’était pas de l’implication de la communauté d’affaires.

«C’est traitre. Ça peut arriver à n’importe qui, n’importe quand. Moi, c’est mon métier alors j’ai la capacité de lui donner un bon coup de main. J’ai décidé de lui offrir l’isolation et la couverture de sa maison. Ce qu’on lui donne, c’est ça de plus pour lui», explique Sylvain Garceau, d’Isolation SG.

D’autres corps de métiers et certains commerçants de la région ont aussi mis l’épaule à la roue afin de donner un peu d’oxygène à cette famille qui s’est dite touchée par le support de la communauté.

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