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Le Barreau du Québec déclare un ex-avocat coupable

Nicolas Saillant | Journal de Québec

PHOTO JEAN-FRANÇOIS DESGAGNÉS

L’ex-avocat Jean-Roch Parent a été reconnu coupable sur huit des dix infractions disciplinaires portées contre lui pour avoir eu des propos déplacés à l’endroit de juges, confrères avocats et agent de la paix.

L’avocat, qui avait d’abord été radié temporairement en décembre dernier, a finalement reconnu sa culpabilité sur plusieurs chefs pour avoir porté préjudice à l’autorité du tribunal. En avril 2018, à la cour municipale de Québec, il s’en était pris à la juge Joanne Tourville en la «remettant en question».

Il lui avait notamment dit qu’elle était «susceptible» en lui proposant de se «défâcher». Ce même sarcasme avait été observé devant le juge Raymond Pronovost de la Cour supérieure.

«Clown»

Jean-Roch Parent avait refusé d’écouter son ordre de quitter la salle, malgré plusieurs avertissements. Dans ces dossiers, « l’intimé reconnaît qu’il a eu un comportement inadéquat » envers les deux juges et a donc admis sa culpabilité devant le Conseil du Barreau.

Lors d’un passage au centre de détention de Québec pour rencontrer un client, Parent s’en était pris à un agent correctionnel pendant la fouille. Agressif et rouge de colère, l’ex-avocat l’avait traité de «clown» en l’insultant sur sa calvitie.

«La situation lui a fait verbalement péter un plomb», avait expliqué l’agent.

À cette situation, Jean-Roch Parent a aussi admis avoir été trop loin et regretter ses propos, à une époque où il était «épuisé» et «dépassé» par les événements.

Quant aux échanges vigoureux avec deux confrères au palais de justice de Québec, Parent n’a pas reconnu les faits et affirmé qu’il s’agissait plutôt d’échanges vigoureux. Dans le premier cas, l’ex-avocat avait bloqué une porte en traitant l’un d’eux «d’avocat pourri».

Accusations criminelles

Le Conseil n’a pas retenu la thèse de l’engueulade de l’ex-avocat en disant plutôt que : «Ce dernier cherche à minimiser l’ampleur de sa réaction cette journée-là.» Quant à l’autre prise de bec avec un ex-collègue du temps où Jean-Roch Parent était un procureur du DPCP, le conseil a acquitté ce dernier.

Ceux-ci s’étaient mutuellement invités à se battre à l’extérieur, selon la preuve. «Cette altercation n’honore ni l’un ni l’autre des belligérants», est-il écrit dans la décision du conseil.

L’ex-avocat connaîtra sa sanction ultérieurement. Il faut dire que l’homme fait aussi face à des accusations criminelles pour avoir harcelé et intimidé une personne liée au système de justice. Il est aussi en attente de sa sentence pour intimidation et entrave au travail d’un policier.

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