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Le roi déchu des pharmacies réclame de l’argent à une victime

Nicolas Lachance - Le Journal de Montréal

ARCHIVES, STEVENS LEBLANC

Le roi déchu des pharmacies, Jonathan-Yan Perreault, réclame 125 000 $ à une femme qu’il a frappée au visage, prétextant qu’elle a déformé la réalité de l’agression. Il a pourtant plaidé coupable à une accusation criminelle de voies de fait simples à la suite de ce geste.

L’ex-pharmacien est poursuivi pour une somme de 335 000 $ au civil par sa victime dans ce dossier. Elle soutient que sa vie est « chamboulée » depuis l’agression.

Vendredi dernier, Perreault a déposé sa défense au palais de justice de Québec, dans laquelle il affirme que la dame n’a jamais été « attaquée, agressée, molestée ou importunée », comme elle l’a déclaré dans une requête.

Une affirmation « ridicule », selon l’avocat de la victime Jean-Paul Boily. « C’est du gros n’importe quoi [...] Il a plaidé coupable [en 2018] à une accusation de voies de fait. Et là, il vient dire que son plaidoyer n’était pas bon », a-t-il expliqué.

Il plaide qu’il s’agit d’une procédure abusive. Il compte faire une demande pour que la démarche de Perreault soit rejetée.

Cette saga a commencé en avril 2017, alors que l’ex-pharmacien était accusé au criminel de voies de fait causant des lésions, menaces de mort et voies de fait sur un agent de la paix après avoir résisté à son arrestation. Perrault a reçu une absolution conditionnelle dans ce dossier.

Ce jour-là, Perreault a téléphoné à la victime, une amie rencontrée dans une maison de thérapie traitant l’alcoolisme et autres toxicomanies, lui demandant de passer le voir à sa résidence de Lac-Beauport.

La dame s’y est présentée, car Perreault se trouvait « dans un état lamentable au téléphone » et elle voulait lui remonter le moral, indique la requête.

Il aurait demandé à la dame de le consoler. Elle aurait refusé des avances physiques, et Perreault lui aurait asséné un violent coup de poing au visage.

« Involontaire »

Dans le document, Jonathan-Yan Perreault soutient qu’il « a involontairement frappé du revers de sa main » son amie. Il croit que la dame « déforme la réalité » et qu’elle allègue faussement une série de faits en l’instance « dans l’unique but d’obtenir une somme d’argent ».

Selon l’homme radié en mars 2017 de l’ordre des pharmaciens, la requête a « lourdement affecté négativement » sa réputation, ce qui lui aurait causé tort, préjudice et dommages.

Il lui réclame 125 000 $, mais assure « ne pas être motivé par l’appât du gain ni par le désir d’obtenir une compensation financière ». Il promet de donner l’argent à un organisme sans but lucratif voué à la protection des enfants.

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