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Les centres de rétention comparés à des «camps de concentration» par une élue démocrate

Agence France-Presse

L'étoile montante démocrate Alexandria Ocasio-Cortez était au coeur d'une vive polémique mardi après avoir qualifié les camps de rétention pour migrants érigés à la frontière sud des États-Unis de «camps de concentration».

«Les États-Unis gèrent des camps de concentration à la frontière sud, c'est exactement ce qu'ils sont», a déclaré la jeune élue du Congrès lundi soir dans une intervention vidéo en direct sur Instagram.

«C'est extrêmement dérangeant et il faut réagir», a ajouté l'élue d'origine portoricaine que partisans et détracteurs appellent AOC.

«Une présidence qui crée des camps de concentration est fasciste», a-t-elle asséné, déclenchant des réactions outrées chez les républicains.

«C'est une faute @AOC. Ce sont des mots dangereux et écoeurants qui portent atteinte aux millions de personnes tuées dans l'Holocauste», a tweeté le sénateur républicain Rick Scott.

«S'il vous plaît @AOC, rendez-nous service et passez quelques minutes à réviser l'Histoire», a renchéri la représentante Liz Cheney, fille de l'ancien vice-président Dick Cheney. «Six millions de juifs ont été exterminés dans l'Holocauste. Vous salissez leur mémoire et vous vous déshonorez avec ce type de commentaires».

La démocrate, très habituée aux joutes sur les réseaux sociaux, n'a pas tardé à contre-attaquer.

«À tous les républicains geignards qui ne connaissent pas la différence: les camps de concentration et les camps de la mort ne sont pas la même chose. Les camps de concentration sont considérés par les experts comme les lieux «de détention de masse de civils sans procès» et c'est exactement ce que ce gouvernement fait», a-t-elle écrit mardi matin sur Twitter.

Les États-Unis enregistrent depuis des mois une forte hausse des arrivées de migrants à la frontière avec le Mexique. En mai, les gardes-frontières américains y ont arrêté plus de 144 000 personnes, dont 57 000 mineurs.

Le Congrès finance plus de 40 000 places dans des centres de rétention, trop peu pour faire face à ces flux. De nombreux migrants sont donc remis en liberté, quand les autres s'entassent dans des structures surchargées.