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Les joueurs de la LHJMQ sont des travailleurs, estime Enrico Ciccone

Geneviève Lajoie

 - Agence QMI

Enrico Ciccone commotion

Simon Clark/Agence QMI

Aux yeux du député libéral et ex-hockeyeur Enrico Ciccone, les joueurs de la LHJMQ sont des travailleurs et devraient pouvoir bénéficier d’une compensation de la part des équipes qui les sélectionnent.

Une action collective de 50 millions $ intentée par deux anciens joueurs a été autorisée jeudi dernier.

Thomas Gobeil et Lukas Walter prétendent que les équipes de la LHJMQ ne respectaient pas les normes du travail et qu’ils n’ont donc pu bénéficier des avantages d’un salarié, même s’ils avaient signé des contrats.

Ancien joueur des Draveurs de Trois-Rivières et des Cataractes de Shawinigan, Enrico Ciccone ne veut pas se mêler de la cause qui est actuellement devant les tribunaux. Pas plus qu’il ne veut lancer la pierre à l’ancien gouvernement Couillard pour avoir exclu les joueurs de hockey junior de la Loi sur les normes du travail.

«Je n’étais pas là, je ne peux pas vraiment commenter ; [la ministre Dominique Vien] a pris les décisions qui s’imposaient avec les informations qu’elle avait à l’époque», dit-il en entrevue avec notre Bureau parlementaire.

Statut

N’empêche, il est d’avis que les jeunes qui évoluent dans la LHJMQ sont des «travailleurs», pas seulement des «étudiants-athlètes amateurs».

«Le joueur, il s’en va travailler, il s’exile, 90 % des petits gars sont obligés de s’exiler. [...] C’est quand même des gars qui vont faire du 40, 50, 65 heures, ils vont faire des voyages en autobus», insiste-t-il.

Le député de Marquette signale que la LHJMQ vend des billets et des produits dérivés à l’effigie de ses joueurs.

«Ce n’est pas un organisme à but non lucratif, c’est une ligue privée, ils sont là pour faire de l’argent. Justement, quand tu fais de l’argent, tu ne peux pas juste dire : on les a logés, on les a nourris, on leur a donné du temps de glace, on les a développés, on a fait notre job. Non, non, parce qu’en fin de compte, les équipes, la ligue en a profité financièrement.»

REER

Ce ne sont pas toutes les équipes juniors qui seraient en mesure de payer leurs joueurs au salaire minimum, convient Enrico Ciccone. Les équipes de Val-d’Or ou de Rouyn-Noranda n’ont pas accès au même marché que Québec ou Halifax.

Les équipes, ou même la ligue devraient néanmoins octroyer un montant aux jeunes hommes qu’ils sélectionnent pour les «protéger». Il souligne que moins de 1 % d’entre eux atteignent la LNH.

«Pourquoi pas un petit montant d’argent dans des REER pour ces joueurs-là? Si on met 1500 $ par petit gars, tu continues à leur donner 40 $, 50 $ par semaine d’indemnité, tu leur mets 1500 $ par année pour leurs services dans un REER. À 20 ans, ou 19 ans, quand ton règne junior est fini, au moins tu t’es ramassé un 4500 $ ou un 6000 $ dans ton REER.»

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