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Ottawa donne le feu vert à l'expansion de Trans Mountain

Émilie Bergeron | Agence QMI 

Le gouvernement fédéral approuve le projet d’expansion du pipeline Trans Mountain, a annoncé le premier ministre mardi.

«En allant de l’avant avec Trans Mountain, nous créons des emplois, nous ouvrons de nouveaux marchés, nous accélérons notre transition vers des énergies propres et nous générons de nouvelles avenues pour la prospérité économique des Autochtones», a déclaré Justin Trudeau en indiquant que les travaux devraient commencer aussitôt que cet été.

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Les accusations d'hypocrisie fusent

Entouré de cinq ministres, il a insisté sur la nécessité de profiter des ressources fossiles dont dispose le Canada pour financer la transition écologique.

Le premier ministre a promis que chaque dollar fait par le fédéral avec ce projet serait réinvesti dans des projets d’énergie renouvelable.

 

«Je pense que les Québécois comme tous les Canadiens comprennent qu’il faut créer une économie plus verte [et] qu’il faut payer pour cette transition», a-t-il soutenu. Il a ajouté qu’il fallait contrer l’augmentation du transport de pétrole par rail puisque ce mode de transport est moins sécuritaire que les pipelines.

Le fédéral estime que l’expansion de Trans Mountain permettra de générer des recettes fiscales additionnelles de 500 millions $ par année une fois que le projet sera achevé.

Les cibles de l'Accord de Paris demeurent

Les ministres présents lors de l’annonce du gouvernement Trudeau ont martelé que la décision d’accorder le feu vert au projet d’expansion de l'oléoduc ne minait pas les chances du Canada d’atteindre sa cible de réduction d’émissions de gaz à effet de serre de 30 % d’ici 2030.

«Il était extrêmement important que ce projet s’inscrive dans notre plan national environnemental [...] Ça devait s’aligner avec le plafond de 100 mégatonnes pour les sables bitumineux de l’Alberta», a plaidé la ministre de l’Environnement Catherine McKenna.

Ottawa a acheté l’oléoduc Trans Mountain vieux de 65 ans en mai 2018, au coût de 4,5 milliards $, devant l’incertitude que le projet d’agrandissement ait lieu. Ce dernier a fait face à une vive opposition de groupes environnementaux et de communautés autochtones en Colombie-Britannique.

 

Le fédéral avait donné son aval au projet d’expansion de Trans Mountain en 2016. La Cour d’appel fédérale a toutefois ordonné la suspension des travaux, en août 2018, estimant qu’Ottawa n’avait pas consulté adéquatement les Autochtones et que l’Office national de l’énergie avait failli à évaluer convenablement les effets environnementaux du transport maritime lié au projet.

Le gouvernement Trudeau a donc lancé un nouvel examen du projet qui s’est conclu le 22 février dernier. Ottawa avait ensuite 90 jours pour se prononcer sur l’avenir de Trans Mountain, mais a finalement repoussé sa décision à mardi.

Le premier ministre a assuré que le nouvel examen n’en a pas été un de façade et que la décision de donner le feu vert n’était pas jouée d’avance.

«On était tous très prêts à dire non, qu’on n’avançait pas si on n’avait pas atteint les attentes qui nous avait été établies par la cour d’appel, a-t-il soutenu. [...] On a voulu prendre la bonne décision pour le Canada et on est confiant que c’est exactement ce qu’on a fait.»

Le projet d’expansion de Trans Mountain permettrait d’acheminer 890 000 barils de pétrole par jour des sables bitumineux de l’Alberta vers la côte pacifique.

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