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Aucun blâme pour une surdose de fentanyl à un bébé de 2 mois

Jasmin Dumas | TVA Nouvelles

L’enquête déclenchée l’hiver dernier après une surdose de fentanyl administrée par erreur à un poupon de 2 mois dans un hôpital de Sherbrooke est complétée.

Aucun membre du personnel n’est pointé du doigt directement, mais des lacunes ont été soulevées.

Le comité d’expert qui s’est penché sur l’événement recommande au CIUSSS de l’Estrie-CHUS de rappeler au personnel d’appliquer les procédures en place, d’augmenter la fréquence des formations et de s’assurer que le personnel soit formé pour opérer les nouveaux équipements.

Malgré toutes ces recommandations pour éviter qu’une situation pareille ne se reproduise, les autorités de la santé de l’Estrie refusent d’admettre qu’une erreur a été commise.

«Je suis déçue des conclusions de l’enquête. Ils veulent camoufler ce qui s’est passé. Ils refusent de dire qu’il y a eu une erreur, on nous parle d’un événement malheureux. C’est désagréable à entendre parce que c’est une erreur, ça n’aurait jamais dû arriver», commente la mère d’Alysse, Zabryna Delaney.

La fillette avait été hospitalisée en décembre dernier à l’hôpital Fleurimont et une infime quantité de fentanyl lui avait été prescrite, ce qui est courant dans la pratique.

Le problème c’est que selon un rapport médical dont TVA Nouvelles avait obtenu copie, un membre du personnel infirmier aurait administré au bébé une dose trois fois plus forte que celle prescrite.

Alysse aura bientôt huit mois. Selon sa mère, elle présente un retard de développement.

«Elle ne se tient pas la tête, elle n’est pas capable de rester assise. Les médecins nous disent que c’est parce qu’elle a été hospitalisée très longtemps suite à l’incident. Pour ce qui est des potentielles séquelles sur le plan cognitif, il est trop tôt pour savoir s’il y en aura», ajoute Mme Delaney.

Au CIUSSS de l’Estrie-CHUS, la directrice adjointe aux services professionnels, Dre Édith Grégoire, assure que toutes les recommandations seront appliquées.

«On ne veut plus que ça se reproduise. Tout le personnel est engagé et dévoué pour offrir les meilleurs soins», soutient Mme Grégoire.

Les parents d’Alysse ont mandaté une firme d’avocats pour étudier les recours possibles contre l’établissement de santé.

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