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La famille Duceppe songe à porter plainte à la police

Pascal Dugas Bourdon | Journal de Montréal

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La famille d’Hélène Rowley Hotte Duceppe envisage de déposer une plainte à la police de Montréal relativement à son décès, ce qui pourrait mener à une enquête de nature criminelle.

«Pour l’instant, il n’y a pas de plainte qui a été faite à la police de la part de la famille», a indiqué l’avocat de la famille, Marc-Antoine Cloutier, mercredi. Cependant, la famille envisage de le faire, a-t-il précisé.

Le 20 janvier dernier, la mère de Gilles Duceppe est morte après être restée six heures dans un froid glacial à la suite d’une série d’erreurs commises par la résidence pour personnes âgées où elle habitait. Mme Rowley Hotte était sortie de l’immeuble après qu’une alarme d’incendie ait retenti.

Difficile à prouver

Me Cloutier avait indiqué mardi que les révélations du coroner «méritent une réflexion» quant à la possibilité qu’ait été commise une négligence criminelle.

Mercredi, le SPVM a confirmé au Journal ne pas avoir amorcé d’enquête criminelle dans le dossier.

Les deux experts contactés par Le Journal sont formels : la négligence criminelle est une infraction très difficile à démontrer en cour. La possibilité qu’une éventuelle enquête policière mène à des accusations est donc relativement faible, ont-ils laissé entendre.

«La négligence criminelle, c’est une des dispositions du Code criminel qui est la plus difficile à obtenir», a indiqué au Journal l’ex-juge Nicole Gibeault.

«Il faut que le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) puisse prouver que [le comportement de la personne révèle] un écart marqué [comparativement à celui] d’une personne raisonnable», a-t-elle ajouté.

Plusieurs fautifs

Ce cas est d’autant plus complexe, soutient Mme Gibeault, que plusieurs personnes ont commis des erreurs cette nuit-là.

«On a trois ou quatre personnes qui ont dormi sur la switch. Alors qui on pointe du doigt [pour la mort de Mme Rowley Hotte]?» a-t-elle demandé.

Des propos qui ont trouvé écho chez l’avocat criminaliste Charles B. Côté.

Pour être reconnus comme négligence criminelle, a-t-il expliqué, les gestes commis doivent montrer «une insouciance déréglée ou téméraire à l’égard de la vie d’autrui».

«Il y a eu un manque flagrant. Mais est-ce que c’est une négligence criminelle? Ça, c’est une autre paire de manches», a-t-il ajouté.

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