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Otéra Capital: l’ancien PDG Alfonso Graceffa conteste son congédiement «abusif»

TVA Nouvelles

Mis à la porte à la suite des révélations de notre Bureau d’enquête sur Otéra Capital, l’ancien chef de la direction de cette filiale de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), Alfonso Graceffa, «conteste avec véhémence son congédiement abusif et injustifié».

Dans un communiqué publié mercredi matin, M. Graceffa soutient que son renvoi «cause un tort considérable à sa réputation irréprochable depuis 30 ans». Il dit par le fait même offrir son «entière collaboration» à l’Unité permanente anticorruption (UPAC), qui enquête sur ce dossier.

«J'ai toujours agi de manière professionnelle, avec prudence et bonne foi, indique-t-il par voie de communiqué. De toute ma carrière, je n'ai jamais personnellement bénéficié d'avantages ou de traitements préférentiels. Et je ne l'ai jamais fait pour qui que ce soit. Les reproches que me fait la Caisse ne résistent à aucune analyse rigoureuse et sérieuse.»

Nos reportages ont notamment révélé qu’Alfonso Graceffa, alors PDG d’Otéra, a bénéficié de 11 prêts totalisant 9,2 M$ en provenance de MCAP, une filiale d’Otéra. Ils ont servi à financer des immeubles appartenant à Graceffa et ses associés.

Le 28 mai dernier, au moment de rendre publiques les conclusions de son enquête interne, la CDPQ avait annoncé avoir procédé à un remaniement important au sein des plus hauts postes d’Otéra.

Si l’enquête a confirmé l’intégrité du portefeuille de la filiale, elle a relevé également des «manquements sérieux» liés à des «activités personnelles» d’employés d’Otéra, des liens troublants entre des employés et des membres du crime organisé ainsi que de nombreuses situations de conflit d’intérêts.

Alfonso Graceffa dénonce une «opération de relations publiques» de la Caisse ayant pour but de le «discréditer compte tenu des conclusions de l'impressionnante enquête sur Otéra Capital de près de quatre mois et qui a coûté 5 M$ en fonds publics».

«Les reproches évoqués contre moi sont basés sur des faits incomplets et pris hors contexte, ajoute M. Graceffa dans son communiqué. Ils constituent une atteinte inacceptable et injustifiée à ma réputation. Je vais rétablir ma réputation que j'ai bâtie pendant 30 ans avec rigueur et discipline autant comme gestionnaire de fonds publics que pour mes affaires corporatives et personnelles.»

La Caisse défend sa décision

Par voie de communiqué, la CDPQ a déclaré qu’elle défendra «avec vigueur» sa décision de congédier Alfonso Graceffa.

«Les manquements éthiques graves identifiés dans le rapport d'enquête ne correspondent d'aucune façon aux normes élevées auxquelles les Québécois sont en droit de s'attendre de la part d'un PDG d'une filiale d'une institution publique», a indiqué la Caisse.

Elle se dit prête à «faire la démonstration détaillée» de sa preuve et des faits ayant mené au congédiement de M. Graceffa si jamais il décidait de porter sa cause devant les tribunaux.

Du même souffle, la CDPQ a précisé que ni elle, ni ses filiales «ne verseront aucun sou d'indemnité des épargnes des Québécois à quelqu'un qui a rompu le lien de confiance par des manquements éthiques graves».

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