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Plus d’électricité pour les cryptomonnaies

Pierre Couture | Journal de Québec

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

À peine un premier appel de propositions lancé pour écouler 300 mégawatts (MW), Hydro-Québec envisage déjà de mettre un nouveau bloc d’électricité à la disposition des mineurs de cryptomonnaies.

«Il pourrait y avoir un nouveau bloc d’énergie pour le secteur des chaînes de blocs et des cryptomonnaies», a indiqué hier au Journal un porte-parole d’Hydro-Québec, Jonathan Côté.

La société d’État croit que la demande sera très forte pour les 300 MW qui viennent d’être offerts sur le marché à un tarif d’environ 5 cents du kilowattheure.

L’an dernier, Hydro-Québec prévoyait pourtant débloquer 500 MW pour les entreprises qui se spécialisent dans le minage de cryptomonnaies et les chaînes de blocs « blockchains », une technologie qui nécessite des ordinateurs puissants et énergivores.

Après s’être effondré en 2018, le prix du bitcoin a presque triplé ces derniers mois, passant de 3360 $ US, en février dernier, à plus de 9000 $ US, hier.

Les entreprises de cryptomonnaies ont maintenant jusqu’au 23 août pour soumettre leurs projets à Hydro-Québec. Les candidatures retenues seront dévoilées en novembre.

La société d’État s’attend à ce que ce nouveau bloc de 300 MW trouve preneur rapidement. En 2018, Hydro-Québec avait reçu près de 400 projets pour une demande potentielle de plus de 18 000 MW sur son réseau.

La haute direction d’Hydro-Québec avait rencontré à Montréal des dirigeants du géant chinois des cryptomonnaies Bitmain qui veut s’installer au Québec.

Les projets que la société d’État retiendra devront être d’une puissance maximale de 50 MW alors qu’un bloc de 50 MW a également été réservé pour des petits projets de 5 MW et moins.

Avec ce nouveau bloc de 300 MW, Hydro-Québec offrira 668 MW à l’industrie des cryptomonnaies pour des joueurs déjà branchés, et en voie de l’être, à son réseau.

Délestage forcé

Les entreprises choisies par Hydro-Québec devront d’ailleurs se conformer à des tarifs différents que ceux payés par cette industrie (tarif LG) en ce moment au Québec.

La société d’État prévoit également recourir à du «délestage forcé» pour avoir accès pendant 300 heures en hiver à leur électricité alors que le réseau électrique québécois tourne au maximum de sa capacité.