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Trans Mountain: le fédéral admet qu'il pourrait s'avérer ardu de défendre sa décision

Émilie Bergeron | Agence QMI

Le gouvernement Trudeau a défendu sa décision d’approuver le projet d’expansion de l’oléoduc Trans Mountain, mercredi, mais certains députés libéraux reconnaissent qu’il sera ardu de convaincre les électeurs du bien-fondé de celle-ci dans le contexte des changements climatiques.

«Ce ne sera pas facile. Le parti le sait et le premier ministre le sait, mais parfois il faut prendre des décisions en fonction du pays dans son entièreté», a dit la députée ontarienne Judy Sgro avant d’entrer dans une réunion du caucus libéral.

Joyce Murray, présidente du Conseil du Trésor et élue de la Colombie-Britannique, a convenu qu’elle devra travailler fort auprès des électeurs de la côte ouest pour les convaincre que les libéraux ont à cœur la lutte aux changements climatiques.

«Mon travail sera d’aider les gens à comprendre la cinquantaine de choses que notre gouvernement est en train de faire [pour lutter contre les changements climatiques] et que s’il y a un gouvernement différent après la prochaine élection, il n’y aura pas ce même engagement dans l’action climatique que nous voyons aujourd’hui», a-t-elle soutenu.

Le ministre des Finances, Bill Morneau a pour sa part vanté la décision du gouvernement dans un discours prononcé à Calgary devant des dirigeants d'entreprises de l'Economic Club of Canada.

«Investir dans les énergies vertes est essentiel et avoir les ressources [pour le faire] est crucial », a-t-il argué. Le feu vert accordé à Trans Mountain permet selon lui de s’attaquer au fait que le pétrole canadien est vendu au rabais aux États-Unis et de répondre aux défis économiques auxquels l’Alberta fait face.

Le premier ministre Justin Trudeau a de son côté réitéré l’importance de réduire le transport de pétrole par rail au pays, répétant que les pipelines sont beaucoup plus sécuritaires.

La ministre du Tourisme et des Langues officielles, Mélanie Joly, s’est montrée optimiste que les électeurs québécois comprendront le choix fait par Ottawa même s’ils ont été nombreux à s’opposer vivement à un autre projet d’oléoduc, Énergie Est.

«Je pense que les Québécois et les Canadiens peuvent comprendre qu’on s’inspire beaucoup d’autres pays, particulièrement de la Norvège, lorsque vient la question d’assurer une saine production et le sain développement de ressources naturelles tout en devenant un leader dans le monde au niveau des énergies renouvelables», a-t-elle dit.

Le premier ministre québécois François Legault a quant à lui assuré que l’approbation de Trans Mountain malgré l’opposition de nombreux Britanno-Colombiens ne signifie pas que le fédéral pourrait imposer pareil projet au Québec.

«Je vais me battre pour que la décision soit prise par les Québécois, a-t-il dit. On ne peut pas forcer les Québécois à accepter qu’un oléoduc de pétrole passe sur leur territoire.»

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