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Un couple en a assez du bruit et de la poussière

Jean-François Tremblay | TVA Nouvelles

Un couple de l’arrondissement de La Baie, à Saguenay, veut retrouver la tranquillité dans son secteur. Les deux retraités vivent devant une carrière qui leur amène poussière et bruit au coin des chemins Saint-Jean et Saint-Antoine.

C'est que plusieurs camions circulent devant la maison où habite Denise Gobeil depuis 52 ans.

«Quand il fait beau, la poussière, ça sort», a indiqué Mme Gobeil en entrevue avec TVA Nouvelles, mercredi.

«C'est surtout ma tranquillité que j'ai perdue, a-t-elle poursuivi. Ma qualité de vie. Quand on sort, ce qu'on voit, ce sont les camions.»

La poussière n'est pas idéale pour son conjoint, Pierre Girard, qui souffre d'emphysème.

«J'ai un papier du médecin. Pas de poussière, le moins possible», a indiqué M. Girard.

Depuis le déluge

Cette carrière a été ouverte après le déluge du Saguenay de 1996 pour la reconstruction d'une partie de la région.

«C'est une route d'urgence pour réparer Grande-Baie qu'on nous disait. C'est temporaire. Ça n'a jamais été temporaire», a tranché Denise Gobeil.

En 2015, le couple s'était plaint au ministère de l'Environnement. Après inspection, tout était conforme.

Aujourd'hui, ils voudraient que l'entrée de la carrière soit déplacée à 200 mètres ou 300 mètres de leur résidence pour que personne ne soit privé de son emploi.

«Je ne veux pas que ça ferme, a insisté Mme Gobeil. Je ne veux pas que la sortie de camions soit en avant de chez moi.»

Six jours après le premier passage de TVA Nouvelles, les camions se sont mis à circuler dans l'autre direction, sans passer devant la maison du couple.

«C'est moins pire, mais je ne lâcherai pas. Je veux que le chemin change de direction», a maintenu la citoyenne du secteur La Baie.

Surtout que dans les jours suivants, ils avaient repris leur habitude de circuler devant sa résidence.

Le conseiller municipal Martin Harvey, responsable du secteur, est au courant du problème. «Madame a raison de se plaindre concernant la poussière. Je le comprends très, très bien. Le but est de trouver une solution pour satisfaire les parties», a-t-il dit.

Saguenay croit qu'étendre un produit permettrait de contrôler la poussière, mais déplacer le chemin d'accès semble ardu.

«C'est un dossier complexe parce que la Ville intervient dans des domaines où ça appartient à des privés», a précisé le conseiller Harvey.

Le propriétaire du terrain a refusé notre demande d'entrevue. Il nous a déclaré qu'il n'est pas question de changer quoi que ce soit et que si la Ville veut modifier le chemin, ça va lui coûter cher. Il affirme que la carrière génère le passage de neuf à dix camions à l'heure.

Le ministère de l'Environnement va revenir pour faire de nouvelles vérifications sur place. Celles-ci seront effectuées lors de conditions météo favorables à l'émission de poussières afin de s'assurer que les lois et les règlements sont respectés.