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Vers une taxe sur l’immatriculation pour toute la communauté métropolitaine de Montréal?

Elsa Iskander

 - Agence QMI

Les automobilistes de la banlieue de Montréal pourraient bientôt payer une taxe supplémentaire de 50 $ sur l’immatriculation de leur véhicule pour financer le transport en commun.

Afin de diversifier les sources de revenus pour soutenir les projets de transport, la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) votera jeudi sur un «règlement concernant la taxe sur l’immatriculation de tout véhicule de promenade».

Les besoins de financement pour les projets de transport collectif sont importants, a fait valoir la mairesse de Montréal et présidente de la CMM, Valérie Plante, lors d’une mêlée de presse mercredi matin, en marge d’une annonce sur les changements climatiques.

L’île de Montréal impose une taxation supplémentaire sur l’immatriculation des véhicules de promenade depuis 2011, qui coûte désormais 50 $ par an.

«Ça fonctionne très bien. Ça nous a permis de dégager des sommes pour nous aider à soutenir les autobus, le métro, tous les différents projets», a dit la mairesse à propos de cette taxation.

En 2018, la surtaxe sur l’immatriculation a rapporté 35 millions $ à Montréal, d’après un rapport du ministère des Affaires municipales. Selon les données de la SAAQ, il y a près de 800 000 propriétaires de véhicules de promenade sur l’île de Montréal.

Demain, «l’ensemble des municipalités va se prononcer, à savoir : est-ce qu’on agrandit cette taxe sur immatriculation à la grandeur des municipalités de la CMM», soit aux 82 municipalités, a indiqué Mme Plante. «Je pense que toutes les villes vont accepter, vont être d’accord avec ce principe-là», a-t-elle ajouté.

Fardeau financier

«J’ai beaucoup de difficulté à croire que l’ensemble des maires de toutes les villes autour de Montréal sont d’accord et sont convaincus que leurs citoyens vont être ravis de cette décision», a lancé pour sa part Annie Gauthier, porte-parole de CAA-Québec.

Dès l’implantation de la taxe supplémentaire sur l’immatriculation à Montréal, l’organisme s’y était «farouchement» opposé, rappelle Mme Gauthier. «On reste en désaccord avec l’idée d’étendre la fameuse taxe et on ne sera jamais en accord avec l’idée de rajouter encore plus au fardeau financier des automobilistes», a-t-elle dit.

Au Québec, le coût du renouvellement de l’immatriculation incluT déjà une contribution de 30$ pour le transport en commun. Les Montréalais paient aussi une surtaxe de 3 cents par litre en faisant le plein d’essence.

D’ailleurs, «le transport en commun actuellement ne répond pas suffisamment aux besoins pour que les gens troquent leur voiture complètement», a critiqué Mme Gauthier.

Pour Jean-Philippe Meloche, professeur à l’École d'urbanisme et d'architecture de paysage de l’Université de Montréal, étendre la surtaxe aux banlieusards n’est pas une mauvaise idée.

«Il y a de l’espace fiscal disponible. Les automobilistes génèrent des coûts sur l’organisation de la mobilité à l’échelle métropolitaine qui sont supérieurs à ce qu’ils contribuent», a-t-il mentionné. Un 50 $ supplémentaire, c’est «assez marginal», selon lui, considérant les coûts de possession d’une automobile.

La CMM n’a pas commenté.

«C’est une responsabilité qui lui appartient de définir les droits d’immatriculation sur son territoire», s’est limité à dire l’Autorité régionale de transport métropolitain pour le moment.