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20 ans de prison requis pour la mère cinq fois infanticide

Agence France-Presse

Romolo Tavani - stock.adobe.com

Une femme qui avait tué cinq de ses nouveau-nés a été condamnée à 20 ans de réclusion criminelle jeudi par la cour d'assises du Haut-Rhin, dans le nord-est de la France, qui n'a pas retenu l'atténuation de sa responsabilité.

Le jury a suivi les réquisitions de l'avocate générale qui avait estimé que «tous les éléments constitutifs du meurtre» étaient réunis dans cette affaire, alors que l'avocat de l'accusée avait demandé que la question de l'altération de son discernement au moment des faits soit posée aux jurés.

D'abord presque immobile à l'énoncé du verdict, Sylvie Horning, mère de 3 grands enfants et quatre fois grand-mère, a ensuite fondu en larmes. Son fils aîné, partie civile dans cette affaire, assis au premier rang de la salle d'audience, s'est pris la tête entre les mains.

«Il faut qu'elle fasse appel. Vingt ans, c'est excessif, c'est quasiment le record de France», s'est insurgé l'avocat de la quinquagénaire, Me Roland Moeglen, peu après le verdict.

Dans cette affaire hors du commun, restée non élucidée pendant 14 ans, Sylvie Horning avait été identifiée par hasard en 2017, à l'occasion d'une banale bagarre entre voisins qui avait conduit au prélèvement de son ADN, comme la mère de quatre nouveau-nés dont les cadavres avaient été retrouvés en 2003 dans des sacs-poubelle dans une forêt de la région.

Ses proches avaient découvert avec stupeur qu'elle avait accouché cinq fois seule dans sa salle de bains - entre 1995 et 2003 - avant de tuer et faire disparaître les bébés, cachés dans un cagibi pendant des années avant d'être abandonnés en forêt.

Les restes d'un cinquième nouveau-né avaient été découverts dans une glacière au domicile familial, près de Mulhouse.

«Ce n'était pas des bébés pour moi, c'était des êtres que mon esprit et mon corps n'acceptaient pas», «quelque chose qui grandissait en moi que je n'acceptais pas», a tenté d'expliquer l'accusée pendant son procès.

Cette thèse du déni de grossesse a fait l'objet d'un débat virulent entre experts, le gynécologue Israël Nisand estimant que toutes ses grossesses avaient donné lieu à des dénis, à des degrés divers, tandis qu'un psychiatre, le Dr Henri Brunner, récusait cette analyse.

Confrontée par la présidente Marie-Catherine Marchioni à ses déclarations en garde à vue, selon lesquelles les accouchements cachés et l'élimination des bébés, étouffés ou étranglés, étaient «presque devenus une habitude», un processus «facile», Sylvie Horning avait au contraire raconté la peur éprouvée, dans la salle de bains de sa maison de Wittelsheim.

En garde à vue, elle avait également raconté avoir entendu gémir les nouveau-nés.

«Au lieu d'éviter de porter la vie, elle a préféré ôter la vie», a pointé Me Marylène Correia, qui représente l'association Enfance Majuscule, soulignant les possibilités de contraception, d'IVG, d'accouchement sous X offertes à cette femme à l'intelligence normale.

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