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95 jours de suspension pour le maire de Saint-Jean-sur-Richelieu

Agence QMI 

Le maire de Saint-Jean-sur-Richelieu, Alain Laplante, a été suspendu de ses fonctions pour une période de 95 jours, jeudi, à la suite d’une enquête en éthique et en déontologie menée par la Commission municipale du Québec (CMQ).

Alain Laplante avait été informé à la mi-mai que l’enquête avait statué qu’il avait commis des manquements au code d’éthique et de déontologie de sa ville située en Montérégie. Il attendait depuis de connaître les sanctions qu’on allait lui imposer.

La suspension d’Alain Laplante entrera en vigueur le 1er août prochain. Pendant trois mois, l’élu sera privé de tout salaire ou allocation.

Toute cette affaire remonte au renvoi du chef de cabinet de M. Laplante, Guy Grenier, le 23 avril 2018. M. Grenier avait été congédié à la demande de neuf conseillers municipaux de Saint-Jean-sur-Richelieu non affiliés à l’équipe du maire Laplante. Ceux-ci soutenaient que M. Grenier devait travailler pour l'ensemble des élus, et non se «consacrer uniquement aux demandes du maire», peut-on lire dans le jugement.

Le maire Alain Laplante s’est mis en situation de conflit d’intérêts, selon la juge Sandra Bilodeau de la CMM, après avoir tenté de s’opposer au renvoi de M. Grenier, qui conteste son congédiement devant la Cour supérieure.

Dans son jugement de 76 pages, la juge administrative Sandra Bilodeau écrit qu’Alain Laplante «a favorisé abusivement les intérêts de Guy Grenier» à trois reprises en mai 2018.

Il a aussi, selon la juge, contrevenu à l’article 7 du Code d’éthique et de déontologie de la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu, le 8 mai 2018, «en ayant utilisé les ressources de la Ville à des fins autres que les activités liées à l’exercice de ses fonctions, et ce, par la publication de deux communiqués de presse intitulés "La Ville propose un règlement à Justin Bessette" et "Le maire Laplante demande l’intervention du ministre Coiteux"».

Par ailleurs, le 16 mai dernier, le maire Laplante avait réclamé qu’un nouveau juge se penche sur son dossier dans une demande en révision judiciaire déposée devant la Cour supérieure. Cette demande doit être entendue le 3 septembre.

«Nous allons précéder à une demande de sursis», a indiqué jeudi le maire Laplante, en entrevue avec l’Agence QMI.

M. Laplante, qui s'est abstenu de tout autre commentaire, souhaite ainsi que sa suspension, si elle est maintenue, soit repoussée après la décision de la Cour supérieure.